Depuis 2006, les casinos de concours ont trouvé des moyens de contourner la législation stricte grâce à une stratégie éprouvée. Cet essor a commencé après l’entrée en vigueur de l’Unlawful Internet Gambling Enforcement Act (UIGEA), qui a rendu illégal pour les entreprises financières de traiter des transactions liées aux jeux d’argent en ligne illégaux. En réponse, ces casinos ont utilisé un modèle qui permet aux utilisateurs de participer sans obligation d’achat, qualifiant ainsi leurs jeux de « concours » plutôt que de jeux d’argent.
Sur le marché nord-américain, le jeu en ligne réglementé est florissant avec de nombreux opérateurs légitimes offrant leurs services dans plusieurs états et provinces. Les paris sportifs en ligne sont légaux dans 32 états, y compris Washington, D.C., et Porto Rico, tandis que les jeux de casino en ligne sont réglementés dans sept états. Toutefois, cette réglementation fragmentée par état a ouvert la porte à des acteurs du marché gris, qui exploitent les failles pour échapper aux restrictions légales.
Dans ce contexte, des entreprises comme FanDuel et DraftKings ont décidé de s’éloigner du modèle traditionnel. En quittant l’American Gaming Association et en retirant leurs demandes de paris sportifs au Nevada, elles ont pivoté vers le monde des marchés de prédiction. Ces plateformes, telles que Kalshi et Polymarket, se présentent comme des échanges financiers et sont enregistrées auprès de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) fédérale. Cela les classe en tant que marchés de contrats désignés plutôt qu’opérations de paris sportifs, permettant aux utilisateurs d’échanger des contrats basés sur des propositions binaires.
Les failles juridiques dans les jeux d’argent ne sont pas nouvelles. Avant l’émergence des casinos de concours et des marchés de prédiction, les casinos offshore étaient prépondérants dans le paysage du marché gris. Ces casinos, souvent enregistrés dans des juridictions comme Curaçao et Malte, opèrent sous des licences plus clémentes et avec moins de taxation. Les mécanismes de contournement, tels que les courses de chevaux historiques, démontrent que les méthodes pour éviter des réglementations strictes existent depuis longtemps, permettant des paris sur des replays de courses qui ressemblent à des machines à sous.
Cependant, le vent pourrait tourner. Récemment, des opérations du marché gris ont fait face à des pressions croissantes de la part des législateurs et des organismes de régulation. En août, le gouverneur du New Jersey, Phil Murphy, a signé une loi interdisant le modèle de pari de concours, et plusieurs autres états, dont New York, la Californie et le Tennessee, ont envoyé des avis de cessation aux opérateurs de concours. Certains opérateurs ont formé l’Alliance de Leadership du Jeu Social (SGLA) pour établir des précédents juridiques.
En parallèle, des états comme le Massachusetts ont mis en garde les bookmakers agréés contre le lancement de marchés de prédiction, tandis que New York a introduit un projet de loi visant à interdire ces marchés. Même certaines tribus ont engagé des poursuites judiciaires contre les marchés de prédiction. Les opérateurs, toutefois, continuent de défendre que leurs activités ne constituent pas du jeu d’argent.
Le débat autour de ces modèles de jeu alternatifs continue d’évoluer, avec des arguments centrés sur l’intention et la sémantique légale. Il est difficile de prévoir l’issue de ces discussions, car les deux camps bénéficient d’un soutien considérable en termes de ressources financières et de nombre. À mesure que les batailles juridiques se déroulent, l’avenir du marché du jeu reste à définir.
Chez CasinoBeats, nous continuerons à suivre et à rapporter les dernières nouvelles de cette industrie en constante adaptation.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.