Les régulateurs européens s’unissent pour combattre le jeu en ligne illégal

Accueil » Les régulateurs européens s’unissent pour combattre le jeu en ligne illégal

Le 27 novembre 2025, les régulateurs des jeux d’argent au Royaume-Uni, en Autriche, en France, en Allemagne, en Italie, au Portugal et en Espagne ont publié une déclaration commune exhortant à prendre des mesures plus strictes contre le jeu en ligne illégal. Cette initiative, menée par la UK Gambling Commission, souligne la nature sans frontières du jeu non réglementé, nécessitant une réponse coordonnée pour faire face à ce problème.

Les sept pays ont exprimé leur intention de collaborer afin de réduire le secteur illégal en partageant des informations sur les opérateurs illégaux entre eux, en appelant les plateformes numériques et les réseaux sociaux à renforcer leurs mécanismes de contrôle pour éviter la diffusion de contenu publicitaire de la part d’opérateurs non autorisés, et en réaffirmant leur engagement à partager des connaissances et des meilleures pratiques pour identifier, enquêter et sanctionner les opérateurs agissant hors la loi.

Récemment, les actions ont été intensifiées contre les entreprises de jeux d’argent enfreignant les règles, notamment en matière de blanchiment d’argent et de protection des joueurs. En 2025, la UK Gambling Commission a infligé des amendes totalisant 18,5 millions de livres sterling (25 millions de dollars) à des opérateurs, principalement des entreprises agréées. La plus importante de ces amendes, 10 millions de livres, a été imposée à Platinum Gaming Limited pour des manquements en matière de responsabilité sociale et de lutte contre le blanchiment d’argent. En Espagne, le régulateur des jeux a récemment annoncé des amendes de 30 millions d’euros (35 millions de dollars) à l’encontre de six entreprises opérant sans licence valide.

Cependant, l’accent mis sur le partage d’informations transfrontalières vise à réduire davantage les activités des entreprises ciblant les utilisateurs sans licences de jeu valides. En même temps, il est souvent constaté que les opérateurs agréés ne se conforment pas pleinement à la réglementation.

Malgré cela, certaines entreprises de jeux d’argent sous licence critiquent les gouvernements pour inciter involontairement les utilisateurs à se tourner vers des sites non régulés. Cela est dû, selon elles, à une sur-réglementation et à une augmentation des taxes. Le Betting and Gaming Council (BGC) a récemment exprimé des préoccupations après l’annonce d’une hausse des taxes sur les casinos en ligne et les paris sportifs au Royaume-Uni. Cette décision pourrait pousser les utilisateurs vers des plateformes non régulées, car les opérateurs agréés seraient contraints de réduire les bonus, les promotions et les cotes favorables.

Grainne Hurst, PDG du BGC, a évoqué ces mesures fiscales comme étant une « victoire massive pour le marché noir du jeu, incroyablement nuisible et non sécurisé, qui ne paie pas d’impôts et n’offre aucune des protections existantes dans le secteur régulé. » Elle a ajouté que ces décisions sont mauvaises pour l’emploi, les clients, le sport et le jeu responsable.

Dans ce contexte, certaines grandes entreprises de jeux d’argent au Royaume-Uni ont déplacé leurs sièges sociaux à l’étranger pour réduire leur charge fiscale. Flutter, par exemple, a relocalisé le siège de SkyBet à Malte, échappant ainsi à l’impôt sur les sociétés et à la TVA au Royaume-Uni. D’autres marques en ligne de Flutter, comme Betfair basée à Gibraltar, ainsi que Ladbrokes, Coral et William Hill, ont également suivi cette tendance.

La distinction entre les jeux d’argent régulés et non régulés est cruciale. Bien que les entreprises régulées ne paient pas toujours tous leurs impôts au Royaume-Uni, elles possèdent des licences valides et sont soumises à des actions coercitives de la part des régulateurs, contrairement à de nombreuses entreprises non licenciées. Cependant, les joueurs peuvent rapidement évaluer la fiabilité d’une entreprise en ligne grâce aux avis disponibles, et les opérateurs agréés sont souvent pénalisés, ce qui ne garantit pas toujours leur sécurité pour les utilisateurs.

Les actions coercitives nécessitent souvent du temps et des contestations judiciaires de la part des joueurs. Par exemple, un joueur britannique poursuit Betfair, prétendant que l’entreprise n’a pas empêché ses pertes de 1,5 million de livres (2 millions de dollars). Toutefois, un juge a rejeté sa requête, affirmant que « M. Gibson était déterminé à jouer. Si Betfair l’avait empêché de jouer en 2015 ou à tout autre moment, je suis convaincu qu’il aurait joué ailleurs et dans la même mesure. » Si cet ailleurs avait été un site offshore non licencié, le résultat aurait-il été différent ?

De même, Entain, bien que licencié au Royaume-Uni, a été découvert opérant illégalement en Turquie, et son ancien PDG fait face à des poursuites criminelles. Un autre opérateur sous licence a récemment été pris en flagrant délit d’une opération similaire, possiblement liée à celle en Turquie, mais les détails restent flous.

En fin de compte, les parieurs prennent un risque, quel que soit l’endroit où ils placent leurs paris. La question semble souvent se réduire à savoir où va le revenu fiscal. Avec la majorité des plateformes agréées délocalisant leurs opérations, la lutte entre le jeu légal et illégal devient de plus en plus floue.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *