En 2025, le concours Miss Universe, souvent synonyme de beauté et de glamour, a été marqué par des controverses qui ont éclipsé la compétition elle-même. Au lieu de cela, l’événement est devenu le théâtre d’accusations liées à la promotion de jeux d’argent, de plaintes criminelles et de drames d’entreprise qui ont capté l’attention du public bien au-delà du podium.
Tout a commencé en Thaïlande, où la police a ouvert une enquête pour promotion présumée illégale de casinos en ligne pendant le concours. Les autorités ont fait une descente parmi le personnel de l’événement à Bangkok, saisissant du matériel promotionnel lié à PlayTime, une marque de casino en ligne opérant illégalement dans le pays. En Thaïlande, la plupart des formes de jeux d’argent, à l’exception des courses de chevaux et de la loterie d’État, sont interdites par la loi.
Quelques jours après la clôture du concours, le bureau du procureur général du Mexique a annoncé des mandats d’arrêt dans une enquête élargie sur un réseau criminel présumé impliqué dans le trafic de drogues, armes et carburants volés. Cette affaire a fait la une des journaux internationaux car elle impliquait Raúl Rocha Cantú, président et copropriétaire de Miss Universe, qui a acquis une participation de 50 % dans l’organisation en 2024.
L’enquête mexicaine, ouverte en 2024, cible un réseau criminel accusé de contrebande d’armes, de drogues et de carburant depuis le Guatemala vers le Mexique. Rocha, dont les activités s’étendent bien au-delà des concours de beauté, possède des intérêts dans les hydrocarbures, l’immobilier et les casinos. Les enquêteurs soutiennent que le réseau auquel il serait lié est affilié à de puissantes organisations criminelles.
Simultanément, une affaire distincte en Thaïlande a vu un mandat d’arrêt émis contre l’autre copropriétaire de Miss Universe, Anne Jakapong Jakrajutatip, pour non-comparution à une audience dans une affaire de fraude datant de 2023. Ces allégations soulèvent des questions sur la gouvernance et l’intégrité de la direction du concours.
Les autorités thaïlandaises affirment avoir trouvé des matériaux promotionnels, notamment des coussins avec le logo de PlayTime et des images filmées pour un site de paris, ce qui a conduit à l’interrogatoire des organisateurs de l’événement. En réponse, le comité local hôte a publié un communiqué se dissociant de la promotion illégale, déclarant qu’il n’avait aucun lien avec de telles activités.
L’affaire de Miss Universe s’étend maintenant à la fois en Thaïlande et au Mexique, plaçant les responsables du concours sous une intense surveillance dans deux continents. Rocha, avant de s’engager dans Miss Universe, était déjà une figure connue au Mexique pour son empire commercial incluant la distribution de carburant, l’immobilier et les casinos. Le casino Royale de Monterrey, associé à Rocha, a été le site d’une attaque incendiaire en 2011, orchestrée par le cartel de Los Zetas, tuant 52 personnes.
Cette attaque, l’une des plus meurtrières de l’histoire des casinos mexicains, a suscité des appels à l’action de la part des survivants et des familles des victimes. Cependant, Rocha avait quitté le Mexique pour les États-Unis avant que les procédures judiciaires ne puissent avancer contre lui. Aux États-Unis, il a continué à gérer ses casinos à distance, menant une vie de luxe.
Les récentes accusations et le mandat d’arrêt contre Rocha en novembre 2025 dans le cadre de l’affaire de contrebande ont ravivé l’intérêt autour de ses activités passées et présentes dans le secteur des jeux d’argent. Cette situation constitue une mise en garde sérieuse, d’autant plus que l’édition 2025 de Miss Universe est secouée par les allégations de promotion illégale de casinos en ligne, avec PlayTime comme sponsor officiel.
Nawat Itsaragrisil, président du comité organisateur, aurait signalé Rocha à la police, affirmant avoir « fermement rejeté » l’implication de PlayTime dans le concours et accusant Rocha d’avoir orchestré la promotion du casino, incitant les candidates à y participer malgré les avertissements.
Bien qu’aucune preuve directe n’ait encore fait surface publiquement impliquant Rocha ou Jakrajutatip dans l’affaire de promotion de jeux d’argent en Thaïlande, la confluence de facteurs – un concours de beauté, un opérateur de casino avec un passé trouble, et des accusations criminelles dans plusieurs juridictions – esquisse un tableau de mauvais jugement, soulevant de sérieuses questions sur la supervision et la prise de décision au sommet de la direction de Miss Universe.
Alors que les enquêtes se poursuivent sur deux continents, le défi majeur pour le concours pourrait être commercial plutôt que légal : savoir si la marque Miss Universe pourra reconstruire suffisamment de confiance pour convaincre ses sponsors majeurs et partenaires de diffusion de continuer à soutenir une couronne désormais ternie par le scandale.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.