Le 18 décembre 2025, la Massachusetts Gaming Commission (MGC) a voté à l’unanimité pour initier le processus réglementaire d’une proposition innovante qui obligerait les bookmakers agréés de l’État à informer les utilisateurs des limitations de leurs activités de pari, ainsi que des raisons sous-jacentes. Cette décision marque un pas important vers une transparence accrue dans les pratiques des limites imposées aux parieurs.
Cette initiative suit des mois de discussions intenses au sein de la MGC, débutées lors d’une réunion en septembre 2025. À cette occasion, la commission avait exprimé ses préoccupations concernant les pratiques restrictives des bookmakers et le manque de divulgation envers les parieurs.
Deux Options Réglementaires, Une Préférence Évidente
Le débat sur la limitation des paris a vraiment pris de l’ampleur après la discussion de septembre. Les commissaires se sont demandé si les bookmakers devaient aller au-delà de la simple restriction silencieuse des comptes. Le personnel juridique a finalement présenté deux options :
Option A : Procédures pour fournir une notification rapide à un client indiquant que son activité de pari a été limitée.
Option B : Procédures pour fournir une notification rapide à un client indiquant que son activité de pari a été limitée, ainsi qu’une explication spécifique de la raison de l’imposition des limites et l’identification des marchés concernés.
La commission a avancé l’Option B. Comme l’a expliqué Justin Stempeck, conseiller juridique par intérim, cette option exigerait des opérateurs qu’ils fournissent « des procédures pour notifier rapidement un client que son activité de pari a été limitée, y compris une explication spécifique de l’imposition des limites et l’identification des marchés concernés ».
Les commissaires ont clairement indiqué que la simple notification ne suffisait pas. Le commissaire Brad Hill, initialement partisan d’une approche plus légère, a changé d’avis : « Nous devons, au minimum, expliquer aux gens pourquoi ils sont limités… Je ne vois pas pourquoi nous ne ferions pas ce pas supplémentaire. »
Le commissaire Paul Brodeur a partagé cet avis, soulignant que des limites inexpliquées ne faisaient qu’augmenter la confusion et la méfiance : « Simplement notifier pose la question… c’est une divulgation complète et une transparence. »
Transparence, Équité et Philosophie Réglementaire Plus Large
Plusieurs commissaires ont présenté la proposition comme partie intégrante d’une philosophie de protection du consommateur plus large, et non pas simplement une question de paris sportifs. La commissaire Nikishha Skinner a souligné que la transparence devait être l’attente de base : « L’Option B est ma préférence… la transparence est l’objectif ici. »
La commissaire Eileen O’Brien a décrit la question comme une question d’équité entre les opérateurs et les joueurs : « Ce n’est pas seulement la transparence, c’est aussi une équité fondamentale. » Ce cadre s’aligne avec les préoccupations plus larges de la commission concernant l’expansion rapide à travers les États-Unis. Plus tôt cette année, le président Jordan Maynard avait averti que le marché national risquait de devenir une « autoroute sans limites de vitesse » si les protections des consommateurs ne suivaient pas le rythme de l’innovation.
Lors de la réunion, Maynard a souligné que le Massachusetts entrait délibérément dans un nouveau territoire réglementaire : « Nous sommes la première juridiction aux États-Unis à aborder cette question et à continuer de l’étudier. » Il a également repoussé les préoccupations des opérateurs concernant le fardeau réglementaire : « Les opérateurs continuent de me dire qu’ils ne limitent pas beaucoup de gens… s’ils ne limitent pas beaucoup de gens, ils devraient être capables d’expliquer pourquoi ils les limitent. »
Le Vote Envoie la Règle aux Commentaires Publics
Après la discussion, Hill a proposé d’avancer officiellement le projet de règlement pour un commentaire public, autorisant ainsi le personnel à déposer la documentation requise auprès du secrétaire du Commonwealth. La motion a été adoptée à l’unanimité par 5 voix contre 0.
La règle n’est pas encore finale. Les opérateurs, les parieurs et d’autres parties prenantes auront l’occasion de soumettre leurs commentaires avant que la commission n’envisage l’adoption.
Une Partie d’un Débat National Plus Large
L’initiative du Massachusetts survient au milieu d’un débat national plus large concernant les limites imposées aux parieurs. À New York, les législateurs ont proposé des mesures sensiblement plus strictes. Une proposition interdirait aux bookmakers de limiter ou d’interdire des clients uniquement parce qu’ils gagnent. La mesure permet toujours des restrictions liées à la prévention de la fraude, aux préoccupations d’intégrité ou aux garde-fous du jeu responsable.
Un projet de loi distinct introduit plus tôt cette année à New York élargirait également les obligations des bookmakers. Il exige des divulgations plus claires, des protections accrues pour les consommateurs, et une supervision plus stricte des pratiques des opérateurs sur l’ensemble du marché.
Si elle est finalisée, la règle du Massachusetts ferait toujours de l’État la première juridiction aux États-Unis à exiger des bookmakers qu’ils expliquent les limites imposées aux parieurs, établissant potentiellement une référence réglementaire pour d’autres États, y compris New York.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.