Le 17 janvier 2026, le célèbre hippodrome de Santa Anita Park a été le théâtre d’une intervention inattendue. Le Los Angeles Turf Club, qui gère le site, a déposé une plainte contre le procureur général de Californie, Rob Bonta, et le Département de la Justice (DOJ) à la suite de la saisie soudaine de 26 machines de pari. Ces dispositifs, connus sous le nom de Racing on Demand, permettent aux visiteurs de parier sur des courses déjà terminées, un peu comme les courses de chevaux historiques.
Les agents du DOJ, accompagnés de la police d’Arcadia, ont mené ce raid sans avertissement ni mandat, ce qui a suscité la colère des responsables de l’hippodrome. Selon le Los Angeles Turf Club, ces machines facilitent un pari en 3X3 sur des courses passées, un format approuvé par le California Horse Racing Board (CHRB) en 2024 pour les courses en direct, mais qui n’avait pas été contesté pour des courses conclues.
La plainte déposée allègue que cette saisie s’est faite « sans base légale ou explication ». Le club affirme que le CHRB était informé de l’installation de ces machines et n’avait exprimé aucune objection préalable, ni contesté l’analyse juridique fournie par le club.
Scott Daruty, vice-président du groupe Stronach qui possède Santa Anita, avait maintenu une communication régulière avec le CHRB et avait même écrit à son directeur exécutif, Scott Chaney, pour notifier l’installation des machines.
Le CHRB a réagi en déclarant ne pas avoir été informé à l’avance de cette installation. Selon eux, bien que des rumeurs circulaient, cette opération ne leur avait pas été communiquée officiellement.
La bataille autour de ces machines repose sur la distinction entre un jeu de hasard illégal et un pari légitime. Le Los Angeles Turf Club soutient que ses machines ne relèvent pas du hasard, mais d’un processus similaire aux paris hippiques traditionnels, où les parieurs utilisent des informations pour faire des choix éclairés.
D’un autre côté, le DOJ est ferme sur son intention de détruire ces machines dans un délai de 30 jours, une mesure que la plainte vise à empêcher. Une bataille juridique similaire se déroule au Colorado, où des machines de jeu sont également saisies au motif qu’elles sont illégalement considérées comme des jeux de hasard.
Les groupes tribaux, qui détiennent l’exclusivité des jeux de type casino en Californie, sont satisfaits des difficultés rencontrées par l’industrie des courses. Ils soutiennent que ces machines ne sont rien d’autre que des machines à sous déguisées. Victor Rocha, président de la conférence de l’Indian Gaming Association, a exprimé son scepticisme quant à l’idée que ces dispositifs pourraient sauver l’industrie des courses de chevaux.
En revanche, les syndicats californiens ont exprimé leur soutien à Santa Anita. Plusieurs organisations syndicales ont envoyé une lettre au procureur général, qualifiant la saisie de « malavisée et imprudente ». Ils soulignent que cette décision crée une incertitude inutile dans une industrie déjà confrontée à des défis économiques importants, mettant en péril les investissements et l’innovation.
Rob Bonta, connu pour son opposition aux formes alternatives de jeu en Californie, a déjà été au centre de controverses pour ses actions similaires. L’an dernier, il avait émis une opinion formelle déclarant illégal le DFS (Daily Fantasy Sports) dans l’État, ce qui a contraint les opérateurs à modifier leur offre.
Il a également proposé des restrictions pour les salles de cartes, provoquant des manifestations de la part des employés et des responsables municipaux inquiets pour l’emploi local. Les actions du procureur général semblent souvent s’aligner avec les intérêts des leaders tribaux, qui considèrent ces alternatives de jeu comme une menace pour leur souveraineté.
Alors que la bataille juridique se poursuit, l’avenir des machines de Santa Anita et, par extension, des innovations dans le domaine des paris hippiques en Californie reste incertain. Les différentes parties impliquées attendent avec impatience de voir si la justice californienne soutiendra ou non cette nouvelle forme de pari. Cette affaire pourrait bien définir les contours de l’industrie du jeu dans l’État pour les années à venir, alors que les tensions entre innovations technologiques et régulations traditionnelles continuent de croître.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.