Projet de Loi de New York Contre le Délit d’Initié sur les Marchés de Prédiction et les Bookmakers en Ligne

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Le 21 janvier, le député démocrate Phil Steck a présenté l’Assembly Bill A09635 visant à interdire aux fonctionnaires de New York d’utiliser des informations acquises dans le cadre de leurs fonctions officielles pour parier sur des plateformes de bookmakers en ligne ou pour investir sur des marchés de prédiction. Ce projet de loi constitue la dernière initiative pour contrer les préoccupations croissantes concernant le délit d’initié lié aux contrats basés sur des événements répertoriés sur ces plateformes.

Actuellement, le projet de loi a été soumis au Comité des opérations gouvernementales de l’Assemblée. Il n’a pas encore reçu de soutien bipartisan. Le texte propose de modifier la loi sur les officiers publics de New York afin de prohiber les employés des agences d’État, les membres de la législature et le personnel législatif d’utiliser des informations obtenues grâce à leurs fonctions officielles pour participer à des marchés de prédiction ou des bookmakers.

Au lieu de créer une nouvelle infraction liée aux jeux d’argent, le projet traite l’utilisation d’informations non publiques par les fonctionnaires comme un abus de leur autorité selon la loi de l’État. Le texte ne laisse aucun doute sur les plateformes concernées, en listant notamment Polymarket, Kalshi, PredictIt, Robinhood, FanDuel et DraftKings. Il précise également que la restriction ne se limite pas aux plateformes énumérées, mais s’applique à l’ensemble des marchés de prédiction et des plateformes de paris.

Si le projet de loi est adopté par les législateurs et signé par le gouverneur, la mesure entrerait en vigueur 90 jours après son adoption.

Ce projet de loi s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre le délit d’initié, une préoccupation croissante tant au niveau étatique que fédéral. En effet, des inquiétudes persistent quant à l’avantage injuste que pourraient avoir les fonctionnaires ayant accès à des informations non publiques lorsqu’ils négocient sur ces plateformes.

Au début de janvier, le représentant Ritchie Torres (D-N.Y.) a introduit une législation interdisant aux responsables fédéraux de réaliser des transactions sur des contrats de marché de prédiction liés aux politiques gouvernementales ou aux résultats politiques lorsqu’ils possèdent ou peuvent raisonnablement obtenir des informations non publiques importantes. Intitulé Public Integrity in Financial Prediction Markets Act of 2026, ce projet de loi appliquerait les mêmes principes de délit d’initié traditionnellement associés aux valeurs mobilières aux contrats basés sur des événements.

Cette initiative de Torres a été motivée par une série de transactions suspectes enregistrées sur Polymarket quelques heures avant la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines le 3 janvier. Dans ce cas, de nouveaux portefeuilles ont placé des paris importants sur la destitution de Maduro. Peu après, le président Trump a confirmé sa détention, générant des paiements à six chiffres et suscitant des spéculations sur les réseaux sociaux concernant l’implication éventuelle de personnes informées de l’opération.

Les marchés de prédiction régulés par la CFTC interdisent déjà le délit d’initié, et la transaction concernant Maduro a été effectuée sur la plateforme non américaine de Polymarket. Cependant, cela n’a pas apaisé les inquiétudes des législateurs ou du public concernant l’efficacité et l’application de ces règles en pratique.

Alors que certaines voix soulignent l’importance de ces mesures pour assurer l’intégrité des marchés, d’autres estiment qu’une réglementation excessive pourrait freiner l’innovation dans le secteur. « Il est essentiel de trouver un équilibre entre la protection contre les abus et le maintien d’un environnement favorable à l’innovation », réfléchissait-on dans les couloirs de l’Assemblée.

Cette conversation nationale autour des marchés de prédiction et des plateformes de paris en ligne continue de s’intensifier, avec des acteurs industriels observant attentivement l’issue de ces propositions législatives. Si le projet de loi de New York est adopté, il pourrait servir de modèle pour d’autres États cherchant à renforcer leurs propres protections contre le délit d’initié dans ce domaine émergent.

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