En 2021, le président de la Chambre du Tennessee, Cameron Sexton, a utilisé son influence pour défendre Action 247, une entreprise de paris sportifs en difficulté appartenant à ses principaux donateurs de campagne, Michael et Tina Hodges, fondateurs d’Advance Financial. Cette société combinait prêts sur salaire à taux d’intérêt élevé et paris sportifs dans le même point de vente. Les clients pouvaient contracter des prêts et déposer immédiatement les fonds sur leurs comptes de paris, sans avoir à quitter le magasin.
Une enquête conjointe de ProPublica et du Tennessee Lookout a révélé que Sexton était mécontent de la Tennessee Education Lottery Corporation lorsque celle-ci a voté pour suspendre la licence d’Action 247. Lorsque le conseil ne répondit pas comme il l’espérait, Sexton a parrainé une législation qui a retiré ses pouvoirs de supervision pour les transférer à un nouvel organisme de réglementation nommé par les législateurs.
Cette affaire soulève des questions sur l’influence des grands donateurs politiques. Sur la dernière décennie, les Hodges ont donné environ 105 000 dollars à Sexton et à son comité d’action politique. En mars 2021, leurs opérations de paris étaient en péril, les enquêteurs d’État ayant conclu que la société manquait de contrôles internes adéquats pour respecter les lois sur le jeu.
Le modèle économique controversé des Hodges permettait aux clients d’Advance Financial de contracter des prêts jusqu’à 4 000 dollars avec des taux d’intérêt pouvant atteindre 279,5 %, puis de déposer cet argent sur leurs comptes de paris Action 247. Bien que la législation du Tennessee interdise explicitement l’utilisation de cartes de crédit pour financer les paris sportifs, elle ne prohibe pas l’emploi d’argent emprunté via des prêts à taux élevé.
Un ancien représentant d’État, Darren Jernigan, a qualifié cette pratique de « passage à vide » qu’il fallait absolument fermer. « Il était impossible de vérifier si quelqu’un empruntait pour parier cet argent, » a-t-il déclaré aux enquêteurs.
La controverse met en lumière le besoin de réformes réglementaires plus strictes pour protéger les consommateurs, alors que l’industrie du jeu en ligne continue de croître. D’un autre côté, certains estiment que les joueurs devraient assumer la responsabilité de leurs choix financiers. Cette perspective alimente le débat sur l’équilibre entre liberté individuelle et réglementation pour éviter les abus.
Les événements récents, notamment l’annonce de la fermeture volontaire d’Action 247 le 16 janvier 2026, soulèvent des questions sur l’efficacité à long terme des interventions politiques dans ce secteur. Tandis que Sexton nie avoir suivi les investissements de ses associés, les changements réglementaires qu’il a initiés ont permis à l’entreprise de continuer à opérer pendant plusieurs années.
Il est crucial de surveiller les implications de cette affaire pour l’intégrité des systèmes de régulation du jeu, surtout dans un marché qui prépare à de nouvelles expansions. Les critiques affirment que des efforts de transparence et de responsabilité sont nécessaires pour restaurer la confiance du public. Le dialogue autour des prêts sur salaire et des paris sportifs souligne l’importance de politiques mieux adaptées aux réalités économiques et sociales actuelles.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.