En février 2026, un lieutenant de police de 35 ans a été inculpé par les procureurs japonais pour avoir parié régulièrement sur des courses de chevaux via des sites de casino en ligne non enregistrés. Ce cas révèle une problématique croissante concernant l’addiction aux jeux d’argent parmi les forces de l’ordre au Japon.
Au Japon, les courses de chevaux sont légales et génèrent des paris atteignant jusqu’à 25 milliards de dollars par an. Toutefois, les parieurs doivent placer leurs mises uniquement via l’infrastructure officielle de la Japan Racing Association (JRA). Les paris peuvent être effectués sur les hippodromes de la JRA ou chez des bookmakers agréés appelés WINS, qui offrent des paris hors-piste via des tickets en papier. Les utilisateurs ont également la possibilité d’utiliser des tickets virtuels sur leur smartphone, qu’ils doivent ensuite scanner à des terminaux désignés appelés UMACA. En revanche, les casinos en ligne sont illégaux au Japon, et y accéder depuis le territoire japonais constitue une infraction pénale.
Les procureurs ont affirmé que le lieutenant, membre de la police préfectorale d’Okinawa, avait placé de nombreux paris sur le site non licencié entre avril 2024 et avril 2025. Il a rechargé son compte d’un montant total de 9,75 millions de yens (plus de 62 000 dollars).
« Au début, je n’avais pas conscience que ce que je faisais était illégal », a-t-il confié aux enquêteurs, selon le journal japonais Ryukyu Shimpo. « Plus tard, j’ai appris son illégalité par les actualités et d’autres sources. Mais je ne pouvais pas m’arrêter. »
Les autorités de la police préfectorale ont ordonné une suspension de six mois au lieutenant, mais il a choisi de démissionner volontairement le jour même. Il a été accusé de deux délits distincts : le jeu habituel et les violations de la loi sur les courses de chevaux. Toutefois, les responsables des poursuites ont décidé de ne l’inculper que pour la première infraction.
Une enquête de la police préfectorale a révélé que le suspect avait effectué un total de 33 transferts vers les sites de casino en ligne « pendant les heures de travail ». Les sites offraient apparemment des cotes plus attractives que celles de la JRA. De plus, l’enquête a constaté que l’homme avait contracté un montant « déraisonnable » de prêts auprès de divers fournisseurs financiers et banques pour alimenter son addiction au jeu.
Cette révélation survient moins d’un an après qu’un sergent de police, âgé d’une vingtaine d’années, a été discipliné pour avoir parié sur des sites de casino en ligne. Le sergent, dont le nom n’est pas divulgué pour des raisons légales, a démissionné peu après.
Le chef de la police préfectorale d’Okinawa, Hiroyasu Yokoyama, a déclaré au Ryukyu Shimpo : « Il est vraiment regrettable qu’un employé ait été discipliné pour avoir parié sur des sites de casino en ligne après l’incident de l’année dernière. » « Nous présentons nos excuses sincères pour la perte de confiance publique que ces incidents ont causée », a ajouté Yokoyama. « Nous allons améliorer notre formation en éthique professionnelle et travailler à prévenir une récidive. »
Ce développement intervient alors qu’un cas similaire a récemment été découvert dans la préfecture de Saitama. En janvier, un policier à Hanyu a admis avoir vendu des cartes à collectionner rares prises dans une salle de preuves pour financer son addiction aux paris sur les courses de chevaux. Les enquêteurs rapportent que l’officier a volé neuf cartes à collectionner dans une salle de stockage des preuves au commissariat entre octobre et novembre de l’année dernière. Les détectives n’ont pas révélé la nature des cartes, mais ont précisé qu’il s’agissait « principalement d’objets rares ». L’officier a admis avoir réussi à vendre huit des cartes, levant un total de 742 500 yens (plus de 4 700 dollars).
Dans le contexte des jeux d’argent au Japon, où des milliards de dollars sont en jeu légalement chaque année, ces incidents soulignent une faille dans le contrôle et la prévention des addictions au jeu, même parmi ceux qui sont censés faire respecter la loi. Toutefois, certains soutiennent que le système actuel pourrait inciter les gens à chercher des alternatives illégales, en particulier lorsque les cotes sont plus favorables, comme sur les sites de casino en ligne. Cela pose la question délicate des réglementations et de la nécessité d’un équilibre entre légalisation et prévention des abus.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.