La CFTC Défend sa Juridiction Exclusive Face aux États Ciblant les Marchés de Prédiction

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Le 17 février 2026, le président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), Michael Selig, a clairement affirmé la domination de l’agence fédérale sur les marchés de prédiction, dénonçant les actions des régulateurs d’État qu’il accuse de dépasser leurs compétences. Dans une tribune publiée dans le Wall Street Journal, Selig a fait valoir que les marchés de prédiction relèvent d’une réglementation fédérale, telle que définie par le Congrès, et non des lois étatiques.

Les récentes mesures d’exécution des États contre les plateformes de marché de prédiction sont, selon Selig, une attaque contre la juridiction exclusive de la CFTC sur les dérivés de matières premières, y compris les contrats d’événements. La critique principale est que ces contrats sont assimilables à des jeux d’argent et, par conséquent, soumis aux lois étatiques. « La CFTC ne restera plus inactive pendant que des gouvernements étatiques trop zélés sapent la juridiction exclusive de l’agence sur ces marchés en cherchant à établir des interdictions à l’échelle de l’État sur ces produits passionnants. »

Daniel Wallach, avocat spécialisé dans les paris sportifs et les jeux, a souligné que la tribune de Selig évite toute référence directe aux contrats liés au sport, même s’ils sont le principal objectif des régulateurs et législateurs d’État. Selig fonde plutôt son argumentation sur une théorie large de la juridiction, excluant les « oignons et les recettes de box-office cinématographique », ce qui donnerait à la CFTC une juridiction exclusive sur tous les marchés de prédiction.

En dépit des défis étatiques concernant les contrats d’événements sportifs devant les tribunaux, la CFTC pourrait se réveiller face aux limites de son autorité « exclusive ». Cet article d’opinion s’inscrit dans une campagne médiatique récente de Selig, qui s’engage de plus en plus publiquement en faveur des marchés de prédiction après avoir déclaré lors de son audience de confirmation en novembre dernier qu’il « se tournerait vers les tribunaux » pour déterminer si les contrats d’événements sportifs constituent des jeux d’argent.

Lors d’une interview accordée à Bloomberg le 12 février, Selig a présenté les arguments de son article dans le Wall Street Journal, décrivant les marchés de prédiction comme des instruments financiers plutôt que des paris, et soulignant le rôle de la CFTC en tant que régulateur de l’intégrité des marchés. « Nous ne régulons pas les mérites, » a-t-il dit. « Nous ne disons pas aux gens ce qu’ils devraient échanger. Nous créons des garde-fous pour garantir l’intégrité de ces marchés. »

Dans sa conversation avec Joe Weisenthal et Tracy Alloway de Bloomberg, Selig a répondu aux critiques selon lesquelles les contrats d’événements sportifs ne sont rien d’autre que des jeux d’argent. Il a soutenu qu’il existe une différence fondamentale entre les bookmakers et les échanges réglementés. « Dans nos marchés, vous avez un échange et une chambre de compensation où il y a un acheteur pour chaque vendeur, » a-t-il affirmé. « C’est un schéma beaucoup plus robuste avec des exigences strictes que les casinos n’ont pas. »

Selig a également rejeté l’idée que les marchés de prédiction ne relèveraient pas de la définition d’une marchandise, notant que le terme a été interprété de manière large depuis des décennies. « La définition de ‘marchandise’ est extraordinairement large, » a-t-il dit, ajoutant que la plupart des choses sont qualifiées sauf si elles sont explicitement exclues par la loi.

Le changement de posture de Selig, passant de « laissons les tribunaux décider » à une défense vigoureuse de la juridiction de la CFTC, n’est pas passé inaperçu. Certains législateurs affirment que Selig revient sur sa promesse antérieure de « se tourner vers les tribunaux » concernant les paris sur les résultats sportifs. Un groupe de plus de 20 sénateurs démocrates a exprimé ses préoccupations directement à Selig dans une lettre datée du 13 février. Les sénateurs, menés par Adam Schiff (D-CA) et Catherine Cortez Masto (D-NV), ont exhorté la CFTC à s’abstenir de s’engager dans les batailles concernant les marchés de prédiction, décrivant ses récentes actions comme une « réversibilité nette par rapport aux déclarations antérieures devant le Congrès. »

Les sénateurs fondent leur argumentation sur l’interdiction par le Commodity Exchange Act des contrats impliquant « les jeux d’argent (y compris les sports), la guerre, le terrorisme, l’assassinat ou d’autres activités énumérées, » qui, selon eux, « ne peuvent pas être listés, échangés, ou compensés. »

Cependant, certains experts estiment que la position de Selig est justifiée, arguant que les marchés de prédiction, en tant qu’outils d’analyse économique et de prévision, apportent une valeur significative en fournissant une estimation des probabilités des événements futurs. Ils soutiennent que la régulation par la CFTC est appropriée car elle garantit que ces marchés fonctionnent sous un cadre réglementaire cohérent et rigoureux, offrant ainsi des opportunités d’investissement légitimes.

En contrepoint, d’autres soulignent que l’interprétation large de Selig pourrait dénaturer le rôle de la CFTC, car les marchés de prédiction, en particulier ceux liés aux événements sportifs, partagent des similitudes avec les jeux d’argent traditionnels qui justifient une surveillance locale. Les régulateurs d’État insistent donc sur leur compétence pour protéger les consommateurs et maintenir l’ordre public.

Ainsi, alors que la bataille juridique et réglementaire se poursuit, l’issue de ce débat complexe sur les marchés de prédiction et la compétence réglementaire déterminera la future trajectoire de ces instruments financiers innovants aux États-Unis.

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