Le 2 mars 2026, Bally’s Corporation a annoncé son intention d’investir dans le secteur des casinos-resorts intégrés (IR) au Japon, sous réserve de l’obtention d’une opportunité. Cette déclaration intervient alors que la date limite de dépôt des candidatures pour les projets de casino-resort, fixée par le gouvernement à novembre 2027, approche à grands pas.
Soo Kim, président de Bally’s, a exprimé son intérêt pour le marché japonais, soulignant son potentiel considérable en raison de sa population importante et de son attractivité économique. Il a confié au journal japonais Nihon Keizai Shimbun que l’entreprise était prête à se lancer si une opportunité se présentait, rappelant que cela faisait 25 ans qu’il visitait le Japon, en contact avec des gouvernements locaux favorables à la création d’IR. L’idée d’un complexe à Fukuoka avait déjà été envisagée par Kim, mais n’a jamais abouti.
Le gouvernement central japonais a donné son feu vert à la construction de trois casinos-resorts intégrés, bien que seul un projet, situé à Osaka, ait été officiellement approuvé à ce jour. Ce dernier, développé par l’opérateur américain MGM en partenariat avec la firme japonaise de construction Orix, devrait ouvrir ses portes en 2030 sur l’île artificielle de Yumeshima dans la baie d’Osaka. Des entreprises japonaises de renom telles que Panasonic et Kansai Electric détiennent de petites participations dans ce projet.
Cependant, malgré l’enthousiasme de certains investisseurs, de nombreuses régions du Japon manifestent une réticence face à la construction de ces complexes de jeux, craignant notamment une hausse des problèmes de dépendance au jeu. Cette opposition a conduit plusieurs préfectures à renoncer à déposer une candidature ou à déclarer publiquement leur désintérêt pour le développement de tels projets.
Aichi, en revanche, se distingue comme une exception notable. Située au centre de l’île principale de Honshu, cette préfecture et sa capitale Nagoya constituent un carrefour de transport crucial entre Tokyo et Osaka. Aichi a récemment annoncé son intention de ressusciter un projet de casino-resort abandonné à cause de la pandémie de COVID-19. Selon le média japonais Kensetsu News, les préparatifs pour soumettre une candidature sont en pleine accélération.
En effet, Aichi a élaboré une politique de mise en œuvre pour un projet situé à Tokoname, près de l’aéroport international Chubu Centrair. La préfecture cherche maintenant à recueillir l’avis des entreprises privées sur la faisabilité de ce projet, avec un délai fixé au 19 mars pour manifester leur intérêt. Elle souhaite collaborer avec des sociétés ayant une expérience ou une connaissance du développement et de l’exploitation d’IR.
Dans sa feuille de route, la préfecture ambitionne de transformer Tokoname en une « ville touristique internationale » axée sur le secteur des réunions, incitations, conférences et expositions (MICE). Ce projet sera au cœur des efforts de revitalisation de l’économie et du tourisme régional. Le plan prévoit l’utilisation d’un terrain de 50 hectares, incluant des propriétés publiques, que la préfecture envisage de louer ou de vendre à un opérateur.
Ce terrain englobe le site actuel du Centre International d’Exposition de la Préfecture d’Aichi. Le projet inclut l’aménagement de diverses infrastructures touristiques et de divertissement, incluant des structures d’hébergement. Les responsables d’Aichi envisagent d’accorder un bail initial de 35 ans à l’opérateur choisi, avec une sélection prévue entre l’automne 2026 et le printemps 2027. Une fois sélectionné, l’opérateur devra élaborer un plan de développement pour approbation par la Commission de Sécurité Publique Préfectorale et les autorités municipales de Tokoname.
Toutefois, la préfecture devra également obtenir l’approbation de l’Assemblée Préfectorale d’Aichi avant de pouvoir soumettre officiellement sa candidature au gouvernement central. Le projet de casino-resort d’Aichi remonte à 2017, suggéré initialement par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tokoname, mais il avait été mis en veille en 2020 en raison de la pandémie.
Malgré les perspectives optimistes de Bally’s et de la préfecture d’Aichi, certains experts du secteur s’interrogent sur la viabilité à long terme de ces projets IR, compte tenu des préoccupations sociétales et des défis économiques potentiels. Cette prudence est partagée par divers observateurs qui soulignent la nécessité d’une régulation stricte et de mesures de soutien pour les communautés locales afin de garantir un équilibre entre développement économique et bien-être social.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.