Le 20 avril 2026, trois opérateurs de jeux d’envergure internationale, bet365, Super Group et SkyCity, ont été confrontés à des poursuites judiciaires en Nouvelle-Zélande. Ces actions en justice, intentées sous forme de recours collectif, allèguent que ces entreprises ont fourni des services de jeux d’argent illégaux dans le pays. Le juge Ian Gault, saisi de l’affaire, a précisé que les trois procédures « impliquent au moins l’un des mêmes plaignants et soulèvent les mêmes ou des questions similaires ». Cependant, les affaires ne sont pas encore jointes, et le juge a ordonné la non-divulgation des noms des plaignants pour protéger leur identité.
Cette situation fait suite à l’introduction par la Nouvelle-Zélande, l’année dernière, d’une nouvelle législation pour réguler le secteur du jeu. Ces règles interdisent effectivement aux entreprises détenant des licences offshore de fonctionner dans le pays. Cette législation vise à protéger les consommateurs locaux et à garantir que les opérateurs respectent les normes nationales en matière de sécurité et de transparence.
SkyCity, qui exploite des casinos terrestres en Nouvelle-Zélande, a nié toute responsabilité. La société a reconnu avoir été informée du procès le mois dernier et a déclaré que cette action vise à tester la légalité des opérations de jeux en ligne menées par Silvereye, une filiale de Gaming Innovation Group (GiG), au nom d’une filiale étrangère de SkyCity. Silvereye, détenteur d’une licence à Malte, est au cœur de la controverse. SkyCity a déclaré : « SkyCity nie toute responsabilité et défendra activement sa position ». Malgré la vente de sa participation dans GiG en juin 2024, SkyCity a maintenu une relation « précieuse » grâce à SkyCity Online.
Le procès cherche à récupérer les pertes de jeu survenues à SkyCity Online entre février 2020 et février 2026. Bien que SkyCity gère des casinos physiques en Nouvelle-Zélande, le pays n’a pas encore approuvé officiellement les casinos en ligne. Cependant, un changement pourrait être en vue puisque la Nouvelle-Zélande s’apprête à légaliser les casinos en ligne plus tard cette année, avec 15 licences prévues par le Département des Affaires Internes (DIA).
Ce projet de légalisation a suscité des avis partagés, certains critiques craignant une augmentation des problèmes de jeu. La ministre des Affaires Internes, Brooke van Velden, a souligné que la nouvelle législation vise à contrôler le marché du jeu, et non à l’étendre : « Mon but n’est pas d’augmenter le jeu en ligne, mais de permettre aux Néo-Zélandais de jouer plus en sécurité ».
De son côté, bet365 a exprimé son opposition à la procédure, contestant la compétence des tribunaux néo-zélandais pour entendre cette affaire. Les filiales de l’entreprise, Hillside (Gaming) Enc et Hillside (Sports), ainsi que la PDG Denise Coates, ont été nommées dans le procès. Hillside, bien que basée à Malte, détient des licences au Royaume-Uni et à Gibraltar.
Super Group, la société mère des marques de paris Betway et Spin, est également impliquée. Les entreprises affiliées listées comme défendeurs incluent Bayton, DigiMedia, Digamma, GM Gaming, Baytree (Alderney) et Baytree Interactive.
Cette affaire soulève des questions importantes sur la régulation des jeux d’argent en ligne dans un marché globalisé. Alors que certains défendent l’idée que les entreprises doivent se conformer aux lois des pays où elles opèrent, d’autres estiment que les juridictions locales ne devraient pas s’étendre au-delà de leurs frontières territoriales. Cette tension reflète un défi plus large pour les régulateurs, qui doivent trouver un équilibre entre protection des consommateurs et liberté économique.
L’issue de ces procès pourrait avoir des implications de grande envergure pour l’industrie du jeu en ligne, en influençant les politiques de régulation dans d’autres juridictions. Pour les consommateurs et les opérateurs, la clarté et la cohérence des régulations internationales deviennent plus cruciales que jamais. En attendant, les regards restent tournés vers la Nouvelle-Zélande, alors qu’elle entame ce processus de légalisation et de réglementation.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.