Le 20 mai 2026, Bill Miller, PDG de l’American Gaming Association basée à Washington DC, a exhorté la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) à cesser de protéger les plateformes de marchés prédictifs et à se concentrer sur la régulation des marchés financiers. Lors de son intervention devant le Sous-comité du Commerce, de la Science et du Transport du Sénat, Miller a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive de ces plateformes, qui se cachent derrière des contrats financiers pour dissimuler des paris sportifs.
Miller a souligné que ces marchés prédictifs, sous couvert d’être des plateformes d’investissement, s’avèrent être, en réalité, des opérations de paris sportifs déguisées. Cette déclaration intervient alors que plusieurs États, dont le New Jersey, contestent l’autorité exclusive de la CFTC sur ces marchés. Le New Jersey, par exemple, envisage de porter son différend juridique avec l’opérateur Kalshi devant la Cour suprême pour s’assurer que les règles de paris sportifs soient respectées dans l’État.
D’un autre côté, le président de la CFTC, Michael Selig, défend la classification des plateformes tels que Polymarket et Kalshi comme des marchés financiers, tandis que les casinos et les fournisseurs de paris sportifs traditionnels sont vus comme des prestataires de divertissement. Cette distinction crée des tensions, notamment avec des ligues sportives comme la NFL, qui demandent à la CFTC d’interdire une vaste gamme de contrats liés aux sports.
Les marchés prédictifs continuent cependant de croître, en particulier ceux liés aux événements sportifs sur des plateformes comme Kalshi. Selig insiste que la régulation de ces marchés est critique pour l’économie nationale, mais il demeure fermement opposé à laisser les États prendre le contrôle.
Malgré les critiques, les représentants des marchés prédictifs affirment que leurs plateformes s’auto-régulent efficacement. Patrick McHenry, ancien président du Comité des services financiers du Congrès et désormais conseiller principal pour la Coalition des marchés prédictifs, a déclaré que ces plateformes appliquent des normes de surveillance plus strictes que les casinos traditionnels.
Il a également avancé que les opérateurs de marchés prédictifs interdisent de manière proactive les utilisateurs qui ne respectent pas les règles et que la CFTC exige l’application de protocoles de connaissance du client et de lutte contre le blanchiment d’argent. McHenry a ajouté qu’un grand nombre d’États autorisant les jeux d’argent n’ont pas réussi à interdire les publicités pouvant être vues par des enfants, tandis que les marchés prédictifs ont instauré une interdiction totale pour les moins de 18 ans.
En réponse, Miller a affirmé que le Congrès n’a jamais eu l’intention de créer un « Département fédéral des jeux d’argent » lors de la création de la CFTC en 1974. Il a noté que 41 procureurs généraux d’État ont demandé à la CFTC de se retirer de ce domaine. Ces représentants estiment que la régulation des marchés prédictifs doit rester une prérogative des États.
Dans ce contexte, le sénateur John Hickenlooper a semblé soutenir la position de Miller, remettant en question la capacité de la CFTC à superviser efficacement ces marchés. Il a rétorqué à McHenry : « Vous êtes le premier à me dire que vous pensez que la CFTC est à la hauteur des exigences. »
Face à ces débats houleux, un consensus émerge : alors que le rôle de la CFTC dans la régulation des marchés financiers est crucial, son implication dans les paris sportifs reste controversée. Les tensions entre les différents acteurs soulignent la complexité du paysage réglementaire américain, où la ligne entre divertissement et finance devient de plus en plus floue. Tandis que la CFTC maintient son autorité, les États et les opérateurs privés continuent de revendiquer leur droit à une régulation plus localisée et adaptée.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.