En juillet 2026, la police chinoise a frappé un grand coup contre le jeu illégal en Chine en procédant à des descentes dans 16 dens de jeu présumées à Ningbo, dans la province du Zhejiang. Ces opérations ciblaient une version à grande vitesse du célèbre jeu de tuiles, le mahjong, connue sous le nom de zhuanzhuan mahjong. Au total, 204 personnes soupçonnées d’être des joueurs et 21 organisateurs présumés ont été arrêtés, a rapporté le média chinois Ningbo News Network.
Ce phénomène d’augmentation des jeux de hasard illégaux s’accompagne de l’apparition de nouveaux opérateurs qui se cachent sous des appellations trompeuses telles que « clubs de jeux de cartes » ou « fournisseurs de divertissement social ». Un porte-parole du Bureau de la sécurité publique du district de Yinzhou a déclaré que ces opérateurs utilisaient des méthodes extrêmement trompeuses pour attirer les joueurs.
Cette répression suit de près un avertissement lancé par une cour chinoise sur la montée des clubs de Go qui permettent aux clients de parier sur les parties, moyennant des frais d’entrée ou de commission versés aux propriétaires des clubs. La Chine interdit toutes les formes de jeu, à l’exception des loteries gérées par l’État, qu’elle considère comme un moyen de financement.
Les autorités du district de Yinzhou estiment que les opérateurs des dens ont accumulé des profits de 1,12 million de yuans, soit environ 165 000 dollars. Selon la police, ces opérateurs incitaient les parieurs à commencer avec des mises modestes, les augmentant progressivement jusqu’à atteindre près de 100 dollars par partie.
Les forces de l’ordre ont mobilisé environ 200 agents pour ces descentes. De nombreux lieux ciblés se présentaient comme des clubs de mahjong à but récréatif, où les clients pouvaient jouer en buvant du thé. Cependant, il s’avérait que les clients étaient incités à jouer au zhuanzhuan mahjong, un jeu généralement associé à des paris en espèces.
Originaire de la province du Hunan, à environ 1 000 km de Ningbo, le zhuanzhuan mahjong diffère du mahjong conventionnel par l’utilisation exclusive des 108 tuiles de couleur, permettant des parties rapides. Dans ces dens de jeu, les mises varient généralement de 60 à 600 yuans (environ 9 à 90 dollars) par main, les gagnants empochant le pot après déduction d’une commission versée à l’opérateur.
La police avait pris connaissance des cercles de parieurs de zhuanzhuan mahjong dès 2010, lors d’une descente dans l’arrière-boutique d’un magasin dans le comté de Shimen, dans le Hunan. À cette époque, le propriétaire avait généré des profits d’environ 100 000 yuans, soit près de 15 000 dollars. Depuis lors, la popularité de cette version du mahjong n’a cessé de croître, avec de nombreux cercles de parieurs découverts dans le Hunan et au-delà.
En février, la police du Hunan avait arrêté 16 personnes jouant une variante à grande vitesse du mahjong pour des enjeux allant jusqu’à 500 yuans (74 dollars) par partie dans la ville de Zhangjiajie. Lors de cette opération, les officiers avaient découvert trois tables de jeu dans une pièce située à l’étage d’un magasin de marché de légumes.
Les tribunaux chinois ne font preuve d’aucune clémence envers les organisateurs de ces jeux illégaux. Les juges de district ont infligé des peines de prison allant d’un an à quatre ans aux propriétaires des dens. Dans tous les cas précédents, les tribunaux ont également transféré des milliers de dollars US de profits issus des jeux de hasard au trésor public.
Cependant, la répression ne se déroule pas sans contestation. Certains soutiennent que la popularité croissante du zhuanzhuan mahjong met en lumière un désir profond de la population pour plus de liberté dans les activités de loisirs et suggèrent que la réglementation et la taxation pourraient être une alternative plus efficace à la prohibition stricte. Ce point de vue souligne que la légalisation contrôlée, comme on l’a vu dans d’autres pays, pourrait réduire le crime organisé et augmenter les recettes fiscales.
En fin de compte, le débat sur la légalisation du jeu en Chine continue de faire rage, alors que le gouvernement cherche à équilibrer la nécessité de maintenir l’ordre public avec les souhaits d’une population en quête de divertissements modernes.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.