Cariprazine et Comportement de Jeu Compulsif : Une Nouvelle Étude Soulève des Inquiétudes

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Une étude récente révèle que le médicament cariprazine, commercialisé sous le nom de Vraylar aux États-Unis, est associé à un comportement de jeu compulsif. Aux États-Unis, plus de 5 millions d’ordonnances ont été délivrées pour ce médicament, mais les conclusions de l’étude soulèvent des questions sur son utilisation continue.

Cette recherche, publiée cette semaine dans la revue Cureus, présente une étude de cas d’une femme de 42 ans souffrant de trouble schizo-affectif. Après avoir reçu une prescription de cariprazine, elle a rapidement développé un problème de jeu. Le rapport indique : « Bien qu’elle n’ait aucun antécédent de comportements impulsifs, la patiente a compulsivement joué aux machines à sous en ligne pendant les huit dernières semaines. Cela a conduit son compte bancaire à être dans le rouge, pourtant elle ne parvenait pas à maîtriser ces comportements. »

Seulement deux semaines après l’arrêt du traitement à la cariprazine, elle a signalé des « améliorations du contrôle des impulsions », affirmant qu’elle se sentait plus capable de maîtriser ses envies de jouer.

Cariprazine, une Prescription Courante durant l’Essor des Paris Sportifs

Le médicament est largement prescrit dans le monde entier, y compris aux États-Unis. Selon la société pharmaceutique Gedeon Richter, depuis 2016, plus de 650 000 patients ont été traités avec la cariprazine aux États-Unis, avec plus de 5 millions d’ordonnances délivrées pendant cette période. Il est utilisé dans 48 pays à travers le monde.

La mise sur le marché du médicament coïncide avec la légalisation des paris sportifs aux États-Unis. Une étude récente au Massachusetts suggère que cette légalisation a entraîné une augmentation des taux de jeu problématique.

Sous le nom de marque Vraylar, la cariprazine a été approuvée aux États-Unis pour traiter plusieurs troubles de santé mentale, y compris la schizophrénie, le trouble bipolaire et la dépression. Cependant, son lien avec le jeu problématique complique l’étendue de son utilisation. Les auteurs de l’étude ont insisté sur le fait que les cliniciens devraient être conscients des risques et surveiller les patients pour les problèmes de jeu potentiel après avoir prescrit la cariprazine.

Des Recherches Antérieures Montrent un Lien entre les Médicaments Psychotiques et le Jeu

Dans cette étude, la patiente a développé un problème de jeu après avoir changé son médicament prescrit d’aripiprazole à cariprazine. Sous aripiprazole, elle avait pris 40 livres, ce qui était soupçonné d’être un effet secondaire du médicament.

L’aripiprazole a également été associé à des risques accrus de troubles du contrôle des impulsions, y compris le jeu compulsif. En fait, d’autres études ont montré qu’il a une association plus forte que la cariprazine. Une étude précédente a révélé que l’aripiprazole représentait 94% des rapports de troubles du contrôle des impulsions développés après la prise de médicaments antipsychotiques. Parmi ceux-ci, 75% étaient liés au jeu problématique. Il a une histoire d’utilisation plus longue depuis son approbation en 2002. En revanche, la cariprazine a été approuvée pour la première fois en 2015 comme traitement de la schizophrénie.

L’utilisation du médicament s’est étendue, et il a été approuvé comme traitement de la dépression en 2022. Il existe un lien bien établi entre la dépression et les troubles du jeu. De nombreuses études rapportent la relation comme bidirectionnelle. Les patients souffrant de dépression utilisent le jeu comme un moyen d’évasion, tandis que le jeu excessif peut également conduire au développement de la dépression.

La relation entre la dépression et le jeu problématique est encore compliquée lorsque le médicament utilisé pour traiter la dépression peut également augmenter le jeu problématique. Pendant la pandémie de COVID-19, les taux de dépression ont considérablement augmenté et restent élevés dans de nombreux pays. Cependant, une étude récente menée par le National Council on Problem Gambling a rapporté une diminution de 27% du jeu problématique parmi les adultes américains depuis la pandémie.

Un point de vue divergeant souligne que bien que certains patients puissent développer des comportements de jeu compulsif, la cariprazine reste un traitement efficace pour de nombreux autres, principalement en gestion des symptômes de la schizophrénie et du trouble bipolaire. Les experts appellent à un équilibre prudent entre les bénéfices potentiels pour la santé mentale et les risques de comportement addictif, en soulignant l’importance d’une surveillance continue et d’un suivi approfondi des patients.

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