Démantèlement d’un réseau de mules de cartes par la police sud-coréenne

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En janvier 2026, la police sud-coréenne a annoncé le démantèlement d’un réseau de mules de cartes bancaires qui permettait à des blanchisseurs d’argent d’utiliser leurs comptes pour masquer des fonds destinés à des casinos en ligne. Le département de police de Nambu, basé dans la ville d’Ulsan, a révélé avoir arrêté deux personnes suspectées d’être les cerveaux de cette opération, accusées de violations de la loi sur les transactions financières électroniques.

Ces deux individus ont été libérés sous caution en attendant une mise en accusation par le procureur. Parallèlement, 62 mules présumées ont également été arrêtées. Les autorités ont expliqué que les organisateurs proposaient à ces individus, majoritairement des « petits entrepreneurs et des ménagères ayant besoin d’argent » en période de crise économique, un paiement mensuel de 1,5 million de wons, soit un peu plus de 1 000 dollars.

En échange, les mules ouvraient des comptes bancaires auxquels les leaders du réseau avaient un accès total. Les comptes bancaires étaient également utilisés pour blanchir de l’argent pour des fraudeurs en investissement et des réseaux de phishing vocal. En l’espace de quatre mois, les cerveaux de cette opération ont blanchi un total de 200 millions de wons, soit environ 135 000 dollars.

L’enquête, menée dans la ville d’Ulsan, a permis de découvrir que le réseau utilisait 76 comptes bancaires différents pour procéder au blanchiment. Les organisateurs offraient également des primes aux mules qui incitaient leurs amis et proches à rejoindre le système.

La plupart des mules étaient âgées de 50 ans ou plus, la police a précisé que nombre d’entre elles se trouvaient dans une situation financière critique et avaient des factures en souffrance. Les meneurs du réseau remettaient les livrets et cartes bancaires des mules à des bénéficiaires en utilisant divers services de messagerie dans la région.

Dans certains cas, les livrets étaient laissés dans des lieux publics pour être récupérés anonymement, une méthode souvent utilisée par les trafiquants de drogue pour effectuer des transactions sans contact direct, notamment via l’application Telegram.

L’enquête policière se poursuit alors que les autorités élargissent leur champ d’investigation en analysant des messages d’applications de chat, cherchant à identifier d’autres mules de cartes potentiellement impliquées. Un responsable de la station de police de Nambu a déclaré : « Même le simple fait de prêter son livret bancaire à un ami peut être considéré comme un crime grave. Ces infractions sont passibles de lourdes peines. Les gens doivent être extrêmement vigilants face à ceux qui leur promettent des récompenses rapides et faciles en échange de l’accès à leurs comptes bancaires. »

Les marchés des jeux en ligne, particulièrement en Asie, sont en pleine expansion, mais cette croissance rapide s’accompagne de risques accrus en matière de sécurité financière et de pratiques frauduleuses. Le cas d’Ulsan met en lumière les mécanismes sophistiqués utilisés par les groupes criminels pour tirer parti des faiblesses économiques et sociales de certains individus.

Cependant, tous les experts ne partagent pas cette vision pessimiste. Certains estiment que le problème sous-jacent réside davantage dans le manque de régulation et de surveillance des casinos en ligne, plutôt que dans le comportement des individus impliqués dans de telles opérations. Ils suggèrent que des mesures plus strictes de contrôle des plateformes de jeux en ligne pourraient réduire le besoin de tels réseaux de blanchiment.

En conclusion, cette affaire souligne l’importance d’une vigilance accrue face aux propositions financières suspectes et d’une régulation renforcée du secteur des jeux en ligne pour mieux protéger les citoyens et l’économie. La complexité croissante des réseaux criminels appelle à une collaboration internationale et une innovation continue dans les méthodes d’investigation pour endiguer ces pratiques illicites.

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