Le 6 février 2026, le PDG de DraftKings, Jason Robins, a exprimé une forte opposition aux appels croissants visant à interdire les « prop bets » (paris sur propositions) dans le cadre des récents scandales de paris impliquant des figures du sport professionnel et universitaire. Pour Robins, l’idée de bannir ces paris est « folle » et ne constitue « absolument pas la bonne solution. »
Au lieu d’interdire les prop bets, Robins a mis en garde contre le risque de pousser les parieurs vers des marchés offshore non réglementés, créant ainsi des « problèmes bien plus conséquents à long terme. » Selon lui, l’infrastructure légale et réglementée actuellement en place fonctionne comme prévu, détectant et traitant les violations des règles au lieu de les laisser se produire dans l’ombre.
Robins préconise plutôt de renforcer les mesures de sécurité autour des types de paris les plus risqués, plutôt que d’éliminer complètement les prop bets.
La Régulation pour Assurer l’Intégrité, Pas la Prohibition
Le débat sur la place des prop bets dans les menus de paris légaux a pris de l’ampleur après les inculpations d’une série d’athlètes professionnels, notamment Terry Rozier de la NBA, et les lanceurs des Guardians, Luis Ortiz et Emmanuel Clase, ainsi qu’une affaire de point-shaving qui a touché la Chinese Basketball Association et la NCAA.
Les critiques avancent que ces micro-marchés offrent un trop grand incitatif à la manipulation. Cependant, Robins rétorque que la découverte de ces violations prouve que le système de surveillance fonctionne. Il a souligné les mesures proactives prises par DraftKings pour protéger l’intégrité du jeu :
– Retrait de Marché : L’entreprise n’accepte plus les paris sur les turnovers, car, selon Robins, cela n’apporte que peu à l’expérience client.
– Limitation des Micro-Pari : Des limites ont été imposées sur les paris pitch par pitch pour réduire l’incitation à la triche.
– Paris « Under » : L’entreprise a supprimé les paris « under » sur de nombreux prop bets de joueurs, ceux-ci étant impopulaires auprès des consommateurs et des ligues.
– Collaboration avec les Ligues : DraftKings continue de collaborer avec les grandes ligues pour identifier et supprimer les options de prop bets à haut risque.
Robins a averti qu’une interdiction totale supprimerait ces protections et déplacerait le volume vers le marché noir, où ces outils de surveillance de l’intégrité n’existent pas.
L’idée d’interdire les prop bets n’est pas seulement théorique. Le président de la NCAA, Charlie Baker, a appelé à une interdiction nationale des prop bets sur les joueurs universitaires, et l’Ohio a mis en œuvre une interdiction totale des prop bets spécifiques aux joueurs universitaires. Bien que l’État n’ait pas interdit totalement les micro-prop bets professionnels, il a limité ces paris à 200 $ suite aux inculpations de Clase et Ortiz.
Se Positionner sur le Marché des Prédictions
Les commentaires de Robins sur les prop bets interviennent alors que DraftKings se lance agressivement dans le marché des prédictions. Le 6 février, le bookmaker a annoncé avoir conclu un partenariat avec Crypto.com et ajouté des contrats d’événements sportifs spécifiques aux joueurs à son application DraftKings Predictions. Ces contrats permettent aux utilisateurs de parier sur des résultats comme les yards de passes d’un quarterback.
Contrairement aux bookmakers traditionnels, les marchés de prédictions sont réglementés au niveau fédéral par la Commodity Futures Trading Commission, un statut qui leur a permis d’atteindre des utilisateurs dans des États où les paris sportifs en ligne sont encore illégaux, comme la Californie, le Texas et la Géorgie.
Robins a également abordé la question de savoir s’il préférait « construire ou acheter » sa voie vers le sommet du secteur. Alors que des rivaux comme Kalshi et Polymarket font les gros titres, Robins affirme que leurs « énormes évaluations » les rendent trop coûteux à acquérir pour l’instant. Cependant, il a exprimé sa confiance dans la capacité de DraftKings à rivaliser en réutilisant son infrastructure principale de bookmaker pour le marché des prédictions.
En somme, le débat sur l’interdiction des prop bets met en lumière les tensions entre la nécessité de réguler pour protéger l’intégrité des jeux et les risques d’une prohibition totale pouvant inciter à un retour vers des marchés non contrôlés. DraftKings, en se diversifiant dans les marchés de prédictions, cherche à contourner ces défis tout en s’imposant comme un leader dans l’innovation des paris sportifs. Bien que les critiques persistent, Robins reste optimiste quant à la capacité de son entreprise à naviguer dans ce paysage complexe.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.