Le 18 février 2026, le Sénat de l’Indiana a adopté une version amendée du projet de loi HB 1052, renvoyant le texte à la Chambre des représentants pour approbation avant qu’il ne puisse être transmis au gouverneur. Ce projet de loi propose de classer les jeux de concours comme une forme de jeu illégal dans l’État de l’Indiana. En cas d’adoption, la Commission des jeux de l’Indiana pourrait infliger des amendes civiles pouvant aller jusqu’à 100 000 dollars aux opérateurs ou individus offrant ces jeux.
Malgré l’avancée de cette législation, Patrick Fechtmeyer, co-fondateur et PDG d’ARB Interactive, plaide pour une approche différente. Propriétaire du Modo Casino et récemment acquéreur de Publishers Clearing House, Fechtmeyer milite pour que l’Indiana réglemente plutôt que de bannir cette activité.
Lors des débats, Fechtmeyer a expliqué aux législateurs que la réglementation protégerait mieux les consommateurs, permettrait de percevoir des recettes fiscales et empêcherait les jeunes utilisateurs de se tourner vers des sites offshore. « Je ne suis pas là pour défendre une échappatoire ou plaider pour la dérégulation ; je suis ici pour défendre des règles modernes et claires qui reflètent notre réalité numérique », a-t-il déclaré.
La question de fond est la suivante : les décideurs politiques devraient-ils traiter les jeux de concours comme une simple échappatoire aux lois sur les jeux d’argent, ou créer un cadre de règles spécifique à cette catégorie de produits numériques ? Fechtmeyer soutient que la demande ne disparaît pas avec une interdiction ; elle se déplace simplement ailleurs.
Le point de vue de Fechtmeyer est que réglementer et taxer pourrait générer plus de 20 millions de dollars par an pour l’Indiana, selon une estimation de la Social Gaming Leadership Alliance (SGLA). Il estime que ce chiffre peut encore croître, le marché étant en pleine expansion. L’alliance, représentant les opérateurs de jeux de concours sociaux, a fait pression pour que l’Indiana adopte un modèle de réglementation plutôt qu’une interdiction totale.
Cependant, tous ne partagent pas cet avis. Certains législateurs craignent que la réglementation ne légitime une activité perçue comme proche des jeux de hasard traditionnels. Ils pointent le risque de glorifier les jeux de concours, notamment auprès des jeunes, et préfèrent l’option de l’interdiction pure et simple.
Fechtmeyer critique également la tendance des décideurs à adopter une approche analogique dépassée : interdire un produit dans le monde numérique ne signifie pas qu’il cesse d’exister. « L’internet est sans friction, et il est facile de passer au site suivant », a-t-il souligné. Pour lui, le véritable enjeu de la protection des consommateurs n’est pas l’existence des jeux de concours, mais bien les conséquences d’une interdiction qui pourrait rendre les opérateurs offshore plus attractifs.
Il souligne l’exemple de la Californie, où l’interdiction des jeux de concours a conduit les consommateurs à se tourner vers des opérateurs non régulés. « Le principal risque est que les opérateurs offshore ne s’arrêtent pas. Vous n’aurez aucune capacité à percevoir des recettes fiscales, et plus important encore, aucune protection pour le consommateur », a-t-il expliqué.
Pour Fechtmeyer, le succès serait que les consommateurs puissent jouer en toute sécurité, tout en permettant à l’État de collecter des recettes fiscales jugées équitables. Il milite pour une « Loi de Modernisation des Jeux de Concours » qui mettrait à jour les statuts de l’État pour l’ère numérique, et inclurait des exigences telles que la protection des prix, des audits obligatoires et des protocoles de protection des données.
Son message aux législateurs est clair : « C’est simplement une question d’arriver à cette couche de la conversation. C’est ce que nous offrons aux législateurs. » Fechtmeyer reste prudemment optimiste et croit que, à mesure que les décideurs s’informent davantage, ils seront plus enclins à ralentir et à traiter les jeux de concours comme un modèle à part entière.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.