Le ministère des Finances russe a récemment révélé que le secteur des casinos en ligne illégaux croît rapidement, et que les régulateurs semblent impuissants face à cette expansion. Malgré des efforts récents pour réprimer le phénomène, les résultats tangibles restent absents, selon Ivan Chebeskov, vice-ministre des Finances, lors d’une déclaration au Comité du Conseil de la Fédération, comme rapporté par l’agence de presse publique TASS.
Chebeskov a souligné que « les casinos en ligne illégaux se développent activement et drainent les fonds de nos citoyens. » Selon les estimations du ministère, les dépenses des citoyens russes dans ces plateformes illégales pourraient dépasser celles transitant par les bookmakers réglementés.
En Russie, plusieurs grandes entreprises de paris sportifs ont obtenu des permis d’exploitation, et le pays abrite quatre zones de jeu désignées. Cependant, les casinos en ligne restent illégaux, bien que le ministère ait récemment proposé de lever cette interdiction. Selon eux, légaliser et réguler ces plateformes pourrait rapporter des milliards de dollars par an au Trésor public, avec une proposition de prélèvement d’un impôt de 30 % sur les opérateurs.
Chebeskov a déclaré que le ministère des Finances, avec la Banque centrale et le censeur des médias et du web Roskomnadzor, essaie de « combattre les plateformes illégales. » Cependant, il a admis que ces efforts échouent « en raison de l’émergence constante de nouveaux schémas et sites de jeux d’argent en ligne. »
Pour renforcer la lutte, Chebeskov a suggéré de créer de nouveaux « mécanismes » éducatifs pour informer les citoyens des risques associés aux jeux d’argent. Il a aussi proposé des campagnes publiques soulignant les avantages des investissements financiers traditionnels, espérant qu’elles aideraient à convaincre le public de « rediriger les fonds des paris » vers des véhicules d’investissement.
Le ministère estime que les Russes dépensent chaque année environ 2 000 milliards de roubles (soit 26,1 milliards de dollars) en paris via des plateformes de bookmakers nationaux. Chebeskov déplore cet « énorme gaspillage » de fonds.
La réaction au projet de légalisation des casinos en ligne a été mitigée. Alors que certains responsables ne se sont pas encore décidés, certains législateurs de la Douma d’État ont exprimé leur opposition, affirmant que ces casinos nuisent à la société et augmentent le risque d’addiction au jeu. D’autres critiques, dont des dirigeants de l’Église orthodoxe russe, se sont montrés plus virulents.
Par ailleurs, la criminalité liée aux jeux d’argent augmente également en Russie. À Sotchi, ville qui abrite l’une des quatre zones de jeu, la police a accusé un homme d’avoir volé 200 000 roubles (plus de 2 600 dollars) à sa petite amie pour parier sur une plateforme de casino en ligne. L’homme a été arrêté plus tard dans un hôtel de Sotchi.
Face à ces défis, certains experts proposent une approche différente. « Au lieu de réprimer sans fin, mieux vaut peut-être encadrer et taxer. Cela pourrait à la fois réduire les risques et générer des fonds pour des programmes sociaux, » murmure-t-on dans certains cercles politiques. Cependant, cette perspective se heurte à la résistance de ceux qui s’inquiètent des conséquences morales et sociales d’une telle légalisation.
La décision finale sur l’avenir des casinos en ligne en Russie semble encore incertaine, partagée entre la nécessité de contrôler une économie souterraine florissante et les préoccupations éthiques liées au jeu.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.