En février 2026, la Virginie a franchi une étape cruciale vers la légalisation des casinos en ligne, avec l’approbation par le Sénat et la Chambre des représentants de projets de loi permettant aux casinos existants de lancer des plateformes en ligne. Le Sénat a finalement approuvé le projet SB118 par 19 voix contre 17, malgré un rejet initial par 20 voix contre 19. La situation a évolué grâce à une demande de reconsidération du sénateur Schuyler VanValkenburg, qui a entraîné un changement de vote de sa part et de deux autres sénateurs, Bill DeSteph et Stella Pekarsky, qui se sont abstenus lors de la seconde votation.
La Chambre des représentants a également approuvé un projet de loi similaire, bien qu’il ait été initialement rejeté par 49 voix contre 46. Après des appels à un nouveau vote, la Chambre a inversé sa position, adoptant le projet de loi par 67 voix contre 30. Ces décisions sont intervenues juste avant l’échéance fixée pour le passage des projets de loi par leur chambre d’origine, mais le projet de loi de la Chambre nécessitera encore une approbation supplémentaire lors de la prochaine session législative.
Dans le Sénat, la date d’entrée en vigueur de la légalisation a été repoussée à juillet 2027. Avec la nécessité pour la Chambre de voter à nouveau sur la question l’année prochaine, il est possible que les casinos en ligne ne voient le jour en Virginie qu’en 2028, si toutes les approbations sont obtenues.
Plusieurs États, dont le Maine, le New Jersey, la Pennsylvanie, le Delaware, la Virginie-Occidentale, le Connecticut, le Rhode Island et le Michigan, ont déjà légalisé les casinos en ligne, et la Virginie pourrait être le prochain sur cette liste.
Les projets de loi prévoient des conditions spécifiques pour le marché des jeux en ligne, notamment :
– La délivrance de licences aux opérateurs de casinos existants en Virginie
– Un coût initial de 500 000 $ pour une licence de cinq ans, avec un renouvellement à 250 000 $
– Jusqu’à trois plateformes autorisées par opérateur, moyennant des frais de 2 millions de dollars par plateforme
– Un impôt de 20 % sur le revenu brut ajusté des jeux en ligne
– L’allocation de fonds pour le soutien aux problèmes de jeu et au fonds général de l’État
– L’interdiction des casinos de type sweepstakes
Le débat législatif a conduit à une augmentation du taux d’imposition de 15 % à 20 %. De ces recettes fiscales, 5 % seront dédiées au traitement des problèmes de jeu. Jusqu’en 2037, 6 % seront alloués au Fonds de protection de la loterie Internet, le reste étant versé au fonds général de l’État. Après 2037, 95 % des recettes iront au fonds général, avec les 5 % restants continuant à financer les initiatives contre les problèmes de jeu.
Une analyse financière prévoit que les casinos en ligne pourraient générer 343 millions de dollars de revenus pour l’État lors de l’exercice 2028, avec une croissance estimée à plus de 1 milliard de dollars annuellement d’ici l’exercice 2032.
L’État a récemment augmenté le nombre de casinos, ces derniers étant autorisés à lancer des plateformes en ligne selon les termes de la législation. Le Live! Casino Virginia, qui a ouvert un lieu temporaire le mois dernier, a généré 4,7 millions de dollars au cours des 10 premiers jours d’exploitation. Une installation complète est prévue pour 2027, parallèlement au développement du HeadWaters Resort & Casino. Cela signifie qu’il pourrait y avoir six casinos éligibles pour offrir des jeux en ligne si la légalisation se concrétise.
Cependant, le sujet reste controversé. Bien que les projets de loi aient été adoptés par les deux chambres, des voix s’opposent toujours fermement à la légalisation des jeux en ligne. Le sénateur Bill Stanley, opposé au SB118, a mis en garde contre les risques d’addiction, soulignant que « nous sommes invités à transformer le smartphone, l’un des dispositifs les plus addictifs de l’histoire humaine, en machine à sous virtuelle, il faut y réfléchir. »
Le sénateur Mamie Locke, porteur du projet, a défendu la légalisation comme un moyen de contrôler un marché déjà existant. Selon elle, la légalisation pourrait « réduire considérablement le marché illégal florissant des jeux en ligne en Virginie. »
Les projets de loi criminalisent explicitement les casinos de type sweepstakes. Le texte stipule que « proposer ou organiser un sweepstake auquel une personne présente en Virginie peut participer en payant ou en offrant quelque chose de valeur, y compris des frais d’entrée pour la possibilité de gagner ou de recevoir de l’argent ou un équivalent, constituera un jeu en ligne illégal. »
Les contrevenants s’exposeront à des amendes civiles de 100 000 $ pour une première infraction et de 250 000 $ pour la poursuite de l’exploitation des plateformes. En Virginie-Occidentale, où les casinos en ligne sont légaux, la plupart des grands opérateurs de sweepstakes ont quitté l’État.
Les deux projets vont maintenant être examinés par l’autre chambre. L’opinion est divisée, et il reste incertain si les chambres approuveront ou rejetteront les législations avant la fin de la session actuelle le 14 mars. Même si les projets de loi sont approuvés, les législateurs devront encore aborder la question l’année prochaine, du moins à la Chambre.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.