En dépit de la baisse continue de la fréquentation touristique à Las Vegas, certaines offres de divertissement haut de gamme de la ville résistent et connaissent un succès notable. Depuis son lancement en septembre, la dernière production de Sphere, « Le Magicien d’Oz à Sphere », a dépassé les 200 millions de dollars en ventes de billets.
Cette adaptation du classique de 1939 a attiré plus de 1,5 million de spectateurs, atteignant le million dès octobre. Ce jalon positionne Sphere comme l’un des moteurs de revenus les plus puissants de la ville à un moment où les métriques touristiques traditionnelles sont faibles.
Le succès de Sphere s’inscrit dans une série de réussites prééminentes. « Le Magicien d’Oz à Sphere » n’est que le dernier exemple d’une série de spectacles générant des recettes élevées. Selon certaines estimations, la résidence « Dead Forever » de Dead & Company a généré plus de 131 millions de dollars avec environ 477 000 billets vendus. Simultanément, la série « Achtung Baby » de U2 a presque atteint 245 millions de dollars de ventes brutes.
La maison mère de Sphere, MSG Entertainment, a prévu environ 100 événements pour 2025, contre environ 70 en 2024. Cette augmentation reflète une stratégie d’expansion agressive malgré le contexte difficile.
Le tourisme en déclin depuis dix mois consécutifs
Alors que Sphere prospère, le reste du Strip doit faire face à un trafic piétonnier plus faible. En octobre, la ville a accueilli 4,4 % de visiteurs en moins par rapport à octobre 2024, d’après l’Autorité des conventions et des visiteurs de Las Vegas (LVCVA). Cela marque le dixième mois consécutif de baisse de la fréquentation.
Cette baisse a entraîné une pression sur l’ensemble du secteur de l’hôtellerie :
Le taux d’occupation des hôtels est tombé à 83,7 %.
Le tarif journalier moyen (ADR) a diminué de 6 % pour atteindre 203,88 dollars.
Le revenu par chambre disponible (RevPAR) a chuté de 8,2 % pour s’établir à 170,65 dollars.
L’activité des visiteurs occasionnels — historiquement le pilier des revenus non liés aux jeux du Strip — reste le segment le plus sous pression.
Revenus des jeux surpassant la fréquentation
Cependant, alors que la fréquentation générale diminue, les casinos continuent de défier cette tendance. Les casinos du comté de Clark ont généré 1,17 milliard de dollars de revenus de jeux en octobre, soit une augmentation de 5 % par rapport à l’année précédente.
Le Strip à lui seul a rapporté 748,9 millions de dollars, en hausse de 8,2 %, principalement grâce à une forte rétention des jeux de table et à une activité constante au baccarat haut de gamme. Les totaux à l’échelle de l’État ont grimpé à 1,35 milliard de dollars, marquant le 56e mois consécutif avec des revenus d’un milliard de dollars pour le Nevada.
Cette divergence entre la fréquentation et les revenus des jeux suggère un changement dans la composition des visiteurs — moins de visiteurs dans l’ensemble, mais des dépenses par tête plus élevées parmi ceux qui viennent encore en ville.
Les expériences de luxe résistent à la faiblesse du marché
La résilience du divertissement haut de gamme ne se limite pas à Sphere. Certains événements de grande envergure et de prestige continuent de bien se comporter malgré la baisse générale de la fréquentation :
ComplexCon 2025 a attiré un nombre record de 70 000 participants au Las Vegas Convention Center.
Les grands week-ends sportifs au Allegiant Stadium et au Las Vegas Motor Speedway, ainsi que la Formule 1, continuent de provoquer des pics de valeur élevée dans l’activité hôtelière et de jeux.
Les conventions deviennent de plus en plus essentielles pour la performance en milieu de semaine, comme en témoigne la présence de 603 600 participants aux conventions en octobre, une augmentation de 7,9 %. Oracle CloudWorld — attirant environ 30 000 invités — a donné un coup de pouce notable.
Ces poches de force suggèrent que les visiteurs à forte dépense et les événements de premier plan restent fiables, même si la demande pour le tourisme de masse s’affaiblit.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.