Le mercredi, les législateurs du Mississippi ont pris des mesures importantes pour transformer le paysage des jeux d’argent de l’État. La Chambre des représentants a approuvé un projet de loi visant à légaliser les paris sportifs en ligne, tandis que le Sénat a adopté une législation interdisant les casinos de tirages au sort.
La Chambre a adopté le projet de loi HB1581 par une marge de 85 contre 31, mais c’est au Sénat que l’opposition a bloqué les avancées par le passé. Le projet de loi, proposé par le représentant Casey Eure, pourrait cette fois progresser, car il prévoit d’affecter des fonds indispensables au système de retraite de l’État.
L’année dernière, les revenus générés par les plateformes de paris en ligne auraient été destinés à l’entretien des routes et des ponts. Désormais, ces fonds serviront à combler le déficit du fonds de pension, qui nécessite un apport supplémentaire de 26 à 27 milliards de dollars. Le taux d’imposition restera identique à celui des jeux de hasard en magasin, commençant à 4% sur les premiers 50 000 dollars, augmentant à 6% sur les 84 000 dollars suivants, et 8% sur le reste. Alors que les casinos terrestres avec des plateformes de paris en magasin doivent également payer entre 3 et 4 % de taxes locales, les plateformes en ligne ne seront soumises à aucun prélèvement supplémentaire.
Cela ferait du Mississippi l’un des États avec le taux d’imposition le plus bas du pays. L’Iowa et le Nevada ont les taux d’imposition les plus bas à 6,75 %, tandis que New York, le New Hampshire, et le Rhode Island prélèvent 51 % des revenus des plateformes de paris.
Le projet de loi propose de permettre aux entreprises de jeux de hasard agréées d’exploiter des plateformes numériques. De grandes entreprises, telles que DraftKings, FanDuel, BetMGM et Caesars, exploitent déjà des plateformes de paris en magasin dans le Mississippi. Il propose également d’élargir les sports de fantaisie pour inclure les événements universitaires, actuellement interdits.
Parallèlement, le Sénat a approuvé à l’unanimité le projet de loi de Joey Fillingane, SB2104, visant à interdire les casinos de tirages au sort, avec un vote de 51 contre 0. Ce projet de loi est très similaire à celui de l’année dernière, avant que la Chambre n’ajoute un amendement pour légaliser les paris sportifs en ligne. Cette fois-ci, il mentionne spécifiquement les tirages au sort, avec une section ajoutée « pour clarifier que l’exploitation de ‘cafés de tirages au sort en ligne’ et de ‘casinos de tirages au sort en ligne’ sont des activités de jeu illégales selon la loi de l’État. »
Exploiter un casino de tirages au sort en ligne serait classé comme un crime, et les condamnations pourraient entraîner des amendes allant jusqu’à 100 000 dollars, jusqu’à 10 ans de prison, ou les deux.
Les propositions de loi passeront désormais aux chambres opposées, qui ont jusqu’au 11 mars pour agir sur la législation. Les discussions autour de ces législations sont intenses, les partisans arguant que l’interdiction des casinos de tirages au sort protégera les consommateurs contre des pratiques de jeu trompeuses. En revanche, d’autres estiment que priver l’État de telles venues pourrait réduire les recettes fiscales potentielles sans résoudre les problèmes fondamentaux liés au jeu excessif.
Il est rare de voir législateurs d’accord sur des mesures aussi significatives dans un paysage souvent divisé. Pourtant, certains pensent que l’attrait des revenus potentiels générés par les paris sportifs en ligne pourrait l’emporter sur l’opposition traditionnelle. « Il est temps que nous rejoignions d’autres États qui bénéficient déjà des avantages économiques des paris sportifs régulés, » pensait-on parmi les partisans de la loi. Cependant, d’autres, plus sceptiques, préviennent des risques associés à l’augmentation des jeux en ligne, notamment la dépendance et les problèmes sociaux.
Dans un climat où chaque décision politique est minutieusement observée, ces développements pourraient marquer le début d’une nouvelle ère pour l’industrie du jeu dans le Mississippi. La complémentarité entre la légalisation des paris sportifs et l’interdiction des casinos de tirages au sort pourrait offrir une solution équilibrée, réconciliant les intérêts économiques et les préoccupations sociales. Les prochaines semaines seront cruciales pour l’avenir des jeux d’argent dans l’État, alors que les législateurs se préparent à de nouveaux débats et votes.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.