Les Adolescents Sud-Coréens Utilisent les Périodes d’Amnistie pour Avouer leurs Crimes de Jeu

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En Corée du Sud, au moins six adolescents accros au jeu ont profité d’une récente période d’amnistie pour se rendre volontairement aux postes de police. Selon le journal sud-coréen Busan Ilbo, ces adolescents, dont un lycéen et cinq collégiens, ont avoué des infractions liées au jeu et ont rapporté leurs délits de manière volontaire.

La période d’amnistie, lancée par la police de la province de Gyeongsang du Sud en décembre, s’est terminée le 28 février. Les autorités avaient promis qu’aucune poursuite ne serait engagée contre les jeunes qui confesseraient leurs délits de jeu pendant cette période. Cette initiative a été jugée réussie par les forces de l’ordre, qui se sont engagées à lancer une nouvelle campagne similaire plus tard dans l’année.

D’ailleurs, la campagne a été largement médiatisée à travers la province grâce à des panneaux électroniques et des réseaux de transport public. Le soutien notable de la branche de la banque commerciale Nonghyup de Jinju a permis de diffuser des messages de sensibilisation sur les écrans de 2 106 distributeurs automatiques de billets.

L’enquête de police a révélé que ces six adolescents avaient placé des paris sur des plateformes de jeu en ligne, illégales en Corée du Sud. Les montants des paris allaient de 200 000 won (environ 136 dollars) à 11 millions de won (environ 7 500 dollars), selon les aveux des jeunes.

Les autorités ont indiqué qu’elles mèneraient des enquêtes supplémentaires avant de décider des mesures à prendre. Si le risque de récidive est jugé faible, les adolescents pourraient être libérés sous conditions. En revanche, les récidivistes pourraient être jugés de manière sommaire ou même inculpés.

Dans le cadre de ce programme, un responsable a précisé que la police travaille avec des psychologues pour évaluer l’état mental des adolescents concernés. Tous participeront à un programme de guidance dans une institution spécialisée, axé sur la prévention des rechutes et du comportement lié au jeu.

Un représentant de l’Agence Provinciale de Police de Gyeongnam a déclaré qu’ils « montreront la plus grande clémence possible aux jeunes qui se présentent pour avouer leurs crimes, même après la période de déclaration volontaire. » Il a ajouté qu’un examen du programme d’amnistie est prévu, suivi du lancement d’une nouvelle campagne dans la seconde moitié de l’année.

Ce mois-ci également, un diffuseur sud-coréen a découvert des preuves indiquant que des adolescents utilisaient des documents d’identité empruntés ou volés pour parier sur des matchs sportifs. Ils accédaient aux plateformes de Sports Toto, la seule plateforme de paris sportifs légale du pays, qui propose des paris de groupe sur plusieurs matchs avec une limite de dépenses quotidienne de 100 000 won (environ 67 dollars).

Une autre étude majeure menée cette année auprès des enfants d’âge scolaire à Séoul a révélé que 2% des élèves du primaire ont déjà été exposés au jeu. L’étude a également montré que 70% des enfants admettant avoir joué étaient des garçons, soulignant une préoccupation croissante dans la société sud-coréenne sur l’accessibilité et l’impact du jeu sur les jeunes générations.

Cependant, certains experts suggèrent que ces campagnes d’amnistie pourraient avoir des effets contraires inattendus. En incitant les jeunes à se dénoncer, elles pourraient également banaliser des comportements de jeu mineurs, transformant ainsi un problème social en une opportunité de réhabilitation pour ceux qui ne sont pas encore gravement touchés. Cette approche, bien que bien intentionnée, pourrait avoir besoin d’un équilibre délicat entre prévention et répression.

En parallèle, les parents et les éducateurs sont appelés à jouer un rôle plus actif en surveillant les activités en ligne des enfants et en leur offrant un support éducatif sur les dangers potentiels liés au jeu. Il s’agit de créer un environnement qui décourage le jeu dès le plus jeune âge, tout en sensibilisant aux conséquences à long terme.

La question de l’addiction au jeu parmi les jeunes en Corée du Sud ne peut être résolue uniquement par des initiatives policières. Elle nécessite une approche collective et collaborative entre les autorités, les éducateurs, les parents et les professionnels de santé mentale pour réduire l’incidence du jeu compulsif et ses impacts négatifs sur la jeunesse du pays.

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