En janvier 2026, le Service Fédéral des Huissiers de Justice de la région de Novosibirsk, la plus grande ville de Sibérie, a annoncé que 20 machines à sous saisies lors d’un raid policier allaient être remises à l’État. Cette action fait suite à une décision de justice autorisant cette transition, selon les informations rapportées par le média russe NDN Info.
Ces machines, toutes importées de l’étranger, ont été saisies par la police de Novosibirsk dans le cadre d’une affaire criminelle ouverte en 2024. À cette époque, les forces de l’ordre avaient fermé un établissement de jeux illégal situé dans le très fréquenté quartier Dzerjinski de la ville. Les machines à sous ont été stockées dans un commissariat proche du lieu du crime jusqu’à un procès qui a eu lieu fin de l’année dernière. Un tribunal de district a reconnu l’administratrice du lieu coupable d’organisation et de conduite d’activités de jeu, la condamnant à six mois de prison avec sursis.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de répression accrue des agences de sécurité russe sur les établissements de jeu illégaux et les casinos clandestins à travers le pays. En parallèle, la police à Tver, au nord-ouest de Moscou, a mené une descente dans un casino souterrain camouflé dans le sous-sol d’un kiosque à journaux, selon le média russe Karavan Yamarka. Les agents du ministère de l’Intérieur et une unité spéciale de la Garde nationale ont découvert un casino illégal aux recettes quotidiennes atteignant 50 000 roubles (environ 650 dollars).
Les enquêteurs ont précisé que ce casino de Tver n’était accessible qu’aux détenteurs d’un « numéro de téléphone secret ». Lors de la descente, neuf personnes, incluant le personnel et les clients, ont été trouvées sur les lieux. En plus des 30 000 roubles (environ 386 dollars) en espèces, la police a confisqué du matériel de jeu, des ordinateurs, des téléphones portables et les registres financiers improvisés de l’établissement. Le porte-parole de la branche Tver du ministère a confirmé la détention des suspects pour interrogatoire, ajoutant que l’enquête a permis d’identifier six autres « administrateurs ». Le ministère, assurant la poursuite des investigations, s’est engagé à « révéler tous les acteurs impliqués ».
Ce croisement d’événements met en lumière l’étendue de l’industrie clandestine des jeux en Russie, là où les réglementations gouvernementales limitent strictement les lieux autorisés pour les jeux d’argent. D’autres incidents dans le pays soulignent la complexité du problème, comme l’arrestation récente par la branche de Khabarovsk du ministère d’un homme de 51 ans, accusé d’avoir détourné une « grosse somme d’argent » de son cousin pour financer ses habitudes de jeu dans un casino.
Cependant, certains experts suggèrent que malgré ces arrestations, la demande pour les jeux d’argent continue de croître, alimentée par une économie aux perspectives incertaines. Les citoyens recherchent souvent des échappatoires aux pressions économiques croissantes, et les jeux d’argent apparaissent pour beaucoup comme une solution rapide, bien que risquée, pour améliorer leurs finances. Ceux qui défendent cette industrie affirment qu’elle pourrait bénéficier d’une réglementation plus souple et d’une intégration dans l’économie officielle, offrant ainsi des recettes fiscales et créant des emplois légaux.
D’un autre côté, les critiques insistent sur le fait que les jeux d’argent illégaux peuvent exacerber les problèmes sociaux, tels que la dépendance et les activités criminelles. Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a souligné que « la nécessité de maintenir une surveillance stricte est essentielle pour protéger les citoyens vulnérables et maintenir l’ordre public ». Les tensions entre les partisans d’une libéralisation et les autorités résolues à appliquer la loi pourraient bien définir l’avenir de l’industrie des jeux en Russie dans les années à venir.
Dans ce contexte en évolution rapide, le cas de Novosibirsk et de Tver n’est que la pointe de l’iceberg d’une lutte continue qui englobe des aspects de la réglementation du marché, de la moralité publique, et de la sécurité économique nationale. La répression actuelle pourrait bien n’être qu’une des nombreuses étapes dans une stratégie de plus longue haleine pour contrôler et éventuellement régulariser cette industrie florissante mais controversée.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.