Les parcs publics de Séoul, initialement conçus comme des aires de jeux pour enfants, sont désormais investis par des personnes âgées accros aux paris, selon un reportage d’investigation des médias. Dans le quartier de Daerim, situé dans le district de Yeongdeungpo à Séoul, en Corée du Sud, ces parcs sont devenus de véritables « antres de jeu », a rapporté le journal sud-coréen Chosun Ilbo.
Les journalistes du Chosun Ilbo ont visité deux parcs pour enfants dans Daerim, où ils ont régulièrement observé des groupes de 10 à 50 personnes se rassembler quotidiennement pour jouer au poker et au mahjong contre de l’argent. Le mahjong, un jeu de tuiles souvent joué pour de petites sommes d’argent, ainsi que le poker, sont interdits en Corée du Sud en dehors des casinos disposant des autorisations nécessaires.
Des groupes de personnes âgées cacheraient des tables et des chaises dans les buissons autour des parcs, rendant ainsi possible ces réunions informelles de jeu. Un joueur âgé a confié au journal : « Celui qui arrive le premier le matin sort les tables et les chaises et installe les plateaux de jeu. »
Les administrateurs des parcs ont apparemment affiché des avis menaçant d’actions punitives contre ceux qui empilent illégalement des chaises dans l’espace public. Le journal a aussi affirmé que bon nombre de ces joueurs sont d’origine chinoise ou d’anciens citoyens chinois naturalisés.
Le phénomène n’est pas isolé puisque Casinobeats a également constaté des échanges d’argent lors de parties de Go dans des parcs du centre de Séoul. Des résidents affirment avoir déposé des plaintes auprès des autorités locales, exprimant leur crainte de fréquenter ces espaces qui sont devenus peu sûrs.
Un habitant de Daerim-dong, Han Yeong-gyu, âgé de 76 ans, a déclaré au journal : « Le parc où les enfants devraient jouer est devenu un lieu de jeu pour adultes. Il y a beaucoup de personnes âgées qui y boivent, alors je n’approche pas le parc de peur d’avoir des ennuis. »
Un élève de l’école primaire, âgé de neuf ans, a mentionné que sa grand-mère lui avait dit « de ne pas s’approcher du parc. » De même, une employée d’une garderie à proximité d’un des parcs a indiqué : « Nous entendons des bruits forts provenant du parc même en plein jour. Nous préférons donc organiser les activités physiques des enfants à l’intérieur plutôt qu’au parc. »
Les responsables du district de Yeongdeungpo ont affirmé avoir affiché des avis autour des deux parcs pour rappeler l’interdiction des jeux d’argent. « Si les chaises et les tables ne sont pas retirées d’ici le mois prochain, notre personnel les enlèvera, » a déclaré un responsable du district. Le district envisage également de solliciter une enquête de police si les problèmes liés au jeu illégal persistent à Daerim.
Le problème du jeu ne touche pas seulement la population âgée de la capitale sud-coréenne. Plus tôt cette année, une enquête majeure a révélé que plus de 2% des enfants des écoles primaires de Séoul avaient déjà expérimenté les jeux d’argent en ligne.
L’année dernière, un autre média sud-coréen a rapporté que des groupes de joueurs âgés organisaient des sessions de jeu illicites dans des zones dangereuses, notamment dans le complexe d’appartements Daebo à Daegu, site d’un incendie mortel il y a plus de six ans. Ces repaires sont « concentrés dans des bâtiments anciens » présentant de « grands risques d’incendie », selon le média.
Dans ce contexte, il est clair que le jeu clandestin dans les espaces publics soulève des questions de sécurité et de légalité, mais aussi des considérations sociales. Alors que certains voient ces rassemblements comme des lieux de socialisation pour une communauté âgée souvent isolée, d’autres s’inquiètent des risques associés et du détournement d’espaces publics destinés à la jeunesse. Le débat sur la gestion des espaces publics et les besoins de diverses communautés reste ouvert.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.