Le 5 avril 2026, la police sud-coréenne a arrêté cinq citoyens âgés, dont des septuagénaires, lors d’une descente dans un établissement de jeu clandestin à Incheon. Les enquêtes révèlent que ces individus pariaient sur des parties de go-stop, un jeu traditionnel coréen, dans le sous-sol d’un immeuble résidentiel. Selon la chaîne de télévision JTBC, l’opération a été menée par les agents du commissariat du district de Yeonsu, suite à un renseignement provenant d’un habitant du quartier.
Les autorités n’ont pas divulgué l’identité des personnes arrêtées, mais ont confirmé qu’une femme dans la soixantaine figurait parmi les suspects. Les autres arrêtés auraient entre 70 et 79 ans. La police a précisé que plusieurs personnes ont tenté de fuir les lieux, mais toutes ont été appréhendées. Lors de la perquisition, les officiers ont saisi un jeu de cartes hwatu, utilisé pour le go-stop, ainsi qu’une somme d’argent non divulguée.
Il est allégué que le bien immobilier appartient à la femme arrêtée, laquelle l’utilisait pour organiser des sessions de jeu. Les détectives affirment que les parieurs lui versaient des frais pour chaque session organisée. Les autres quatre personnes ont été interrogées pour des charges liées au jeu. Les règles suivies par les joueurs stipulaient que les perdants devaient verser 3 000 won (environ 2 dollars) aux gagnants par partie, avec un bonus additionnel de 1 000 won (environ 0,67 dollar) par point. Selon la police, le groupe avait organisé environ 50 sessions avant la descente.
Certains suspects ont un passé judiciaire lié aux délits de jeu, et les autorités soulignent que les enjeux étaient considérables. Cette affaire intervient dans un contexte de répression controversée des jeux de hasard en Corée du Sud, où les actions de la police et du service des procureurs suscitent des réactions mitigées. L’année dernière, les médias sud-coréens ont exprimé leur stupéfaction face à la décision des procureurs de porter devant la Cour suprême le cas d’un homme de 69 ans, accusé de participation à des parties de go-stop avec ses amis.
Cet homme avait remporté un pot de 79 dollars qu’il avait proposé de dépenser pour acheter du poulet frit et de la bière pour ses amis. Les commentateurs ont qualifié ce pot de « menue monnaie ». Un résident octogénaire du nord de Séoul a confié que cette affaire semblait « plutôt futile pour que juges et procureurs y consacrent du temps et de l’argent ».
Néanmoins, certains observateurs s’inquiètent des infractions liées au jeu qui deviennent problématiques dans les communautés âgées. Un rapport médiatique récent souligne que des groupes de retraités se rassemblent dans les parcs de Séoul pour parier sur des jeux de plateau comme le go et le janggi, un jeu similaire aux échecs chinois. Dans d’autres régions du pays, des médias ont rapporté des rassemblements de personnes âgées dans des bâtiments dangereux pour y pratiquer le jeu.
Cette affaire soulève des questions sur la nécessité d’une approche équilibrée pour traiter les problèmes de jeu parmi les personnes âgées, tout en assurant une utilisation judicieuse des ressources judiciaires. Certains plaident pour une distinction plus claire entre les jeux sociaux innocents et le jeu problématique, d’autant plus que les rassemblements de retraités pour jouer à des jeux traditionnels font partie intégrante de la culture sud-coréenne. En contraste, d’autres insistent sur la nécessité d’une vigilance accrue pour prévenir l’exploitation ou la mise en danger des personnes âgées par le biais de jeux d’argent illégaux.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.