Le 18 février 2026, le tribunal de district de Sabang, dans la province d’Aceh, en Indonésie, a entamé le procès de Maulina Ismunanda Amiruddin, une employée de banque accusée d’avoir détourné 83 000 dollars des comptes de clients pour financer son addiction au jeu en ligne et couvrir ses frais de subsistance. Bien que le montant détourné atteigne environ 1,4 milliard de roupies indonésiennes, Amiruddin n’a pas été placée en détention en raison de la naissance récente de son enfant, a rapporté le média local Waspada.
Les procureurs affirment qu’Amiruddin, employée en tant que représentante du service clientèle à la Bank Syariah Indonesia, a abusé de sa position pour accéder aux systèmes internes de la banque. Elle aurait ainsi pu liquider des dépôts et retirer des économies sans le consentement des clients. « Elle a utilisé les informations des clients pour créer de faux comptes, falsifier des signatures et détourner les fonds », ont déclaré les procureurs en présentant leur cas.
Dans son plaidoyer, l’accusation a présenté des preuves de multiples stratagèmes frauduleux, notamment des rapports falsifiés de dépôts en espèces et l’utilisation de données client détournées pour ouvrir des comptes. Amiruddin aurait même utilisé les identifiants et mots de passe de ses supérieurs pour autoriser des transactions normalement réservées à des cadres supérieurs. Dans certains cas, les fonds auraient été transférés sur les comptes bancaires de membres de sa famille ou via des comptes tiers, y compris ceux d’autres banques.
Les procureurs décrivent ces actes comme des « crimes systématiques », exploitant la faiblesse des systèmes de surveillance interne de la banque et la position d’Amiruddin pour parvenir à ses fins. Au moins huit clients ont subi des pertes financières à cause de ses actions, ce qui a également saper la confiance du public dans les institutions bancaires.
En dépit des accusations de fraude bancaire et financière portées contre elle, aucune charge directe liée au jeu n’a encore été déposée. Cela reflète une lacune dans le cadre législatif, car le jeu en ligne est strictement interdit en Indonésie, exposant les joueurs à des amendes substantielles, à des peines de prison voire à des châtiments corporels. Les chefs policiers indonésiens soulignent que le jeu en ligne touche particulièrement les jeunes, et que la majorité des parieurs sont des étudiants universitaires ou de lycée.
Cependant, certains experts appellent à une évaluation plus nuancée de la situation. Ils suggèrent que la pression économique croissante et le manque d’accès à des soutiens psychologiques peuvent pousser des individus à commettre des actes désespérés. Un analyste a observé : « Dans une économie où la stabilité financière est fragile, on constate que certains employés sont tentés d’utiliser leur position pour combler des déficits personnels. »
Cette affaire met en lumière des faiblesses dans la surveillance bancaire qui pourraient exister dans d’autres institutions, incitant les régulateurs à réviser et renforcer les contrôles internes. Il y a également un appel à l’amélioration de l’éducation financière et des ressources disponibles pour les employés afin de réduire la tentation de recourir à des moyens illégaux pour résoudre des problèmes personnels.
Pendant ce temps, le procès se poursuit avec intérêt médiatique, la société indonésienne étant particulièrement préoccupée par l’impact des jeux d’argent et de la fraude sur l’économie nationale. La possibilité de nouvelles réglementations et de mesures plus strictes contre le jeu en ligne est également en discussion, ce qui pourrait avoir des répercussions importantes sur le secteur financier et la société dans son ensemble.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.