Le 13 janvier 2026, Light & Wonder (L&W) a accepté de verser la somme de 127,5 millions de dollars à Aristocrat pour mettre fin à un litige entre les deux entreprises de développement de jeux. Cette décision fait suite à la reconnaissance par L&W de l’utilisation non autorisée des informations mathématiques d’Aristocrat dans ses jeux Dragon Train et Jewel of the Dragon.
Dans le cadre de cet accord, L&W s’est engagé à ne plus utiliser les jeux ni les formules mathématiques qui ont servi à leur développement. Une déclaration conjointe des deux entreprises précise : « Light & Wonder a accepté de ne plus utiliser les informations mathématiques et les œuvres protégées d’Aristocrat en question dans le litige, et de détruire définitivement tous les documents contenant ces informations. »
Matt Wilson, PDG de Light & Wonder, a exprimé sa satisfaction d’arriver à un règlement et de pouvoir aller de l’avant. Il a souligné que l’entreprise était résolument engagée à respecter les droits de propriété intellectuelle de ses concurrents tout en protégeant les siens. « Ce règlement protège les intérêts de nos clients, employés et actionnaires, et nous permet de continuer à nous concentrer sur le développement et la livraison de contenus leaders sur le marché dont nos clients ont besoin, sans distraction ni perturbation », a-t-il ajouté.
Trevor Croker, PDG et Directeur Général d’Aristocrat, a également accueilli favorablement cet accord, qui inclut une compensation financière significative. Il a rappelé les mesures décisives prises par son entreprise pour préserver ses actifs de propriété intellectuelle précieux.
Le conflit est né suite à l’utilisation inappropriée de mathématiques protégées par un ancien employé de L&W, Emma Charles, qui avait précédemment travaillé chez Aristocrat. Lors de son transfert chez L&W, elle aurait emporté avec elle des fichiers confidentiels contenant des algorithmes mathématiques. Ces algorithmes ont ensuite été utilisés par L&W pour développer des jeux, parmi lesquels Aristocrat a affirmé que certains, comme Dragon Link, avaient été copiés.
Wilson a déclaré que la société n’avait pas connaissance de ces actes, imputant la faute aux actions isolées de Charles. Il a affirmé que dès la découverte des faits, des mesures immédiates ont été prises et des processus renforcés ont été mis en place pour éviter que de tels problèmes ne se reproduisent à l’avenir.
Aristocrat avait soulevé le problème dès 2024, déposant une plainte contre L&W. Charles a été licenciée peu de temps après, mais les jeux incriminés n’ont été retirés des machines à sous qu’en avril de l’année dernière.
Pour éviter la divulgation de ses documents internes, L&W a fait le choix de parvenir à un règlement plutôt que de poursuivre une bataille juridique qui s’étendait à la fois aux États-Unis et en Australie. Le mois dernier, L&W avait formellement contesté une décision du Nevada qui l’obligeait à divulguer des informations internes à Aristocrat. L’ordre du tribunal aurait permis à Aristocrat d’obtenir des documents internes confidentiels de plusieurs jeux, pas seulement ceux impliqués dans le litige.
Pour les deux entreprises, la protection des informations confidentielles reste une priorité. Elles ont convenu que le maintien de la protection de ces actifs exclusifs et le respect des droits de propriété intellectuelle sont essentiels pour assurer une concurrence équitable dans l’ensemble de l’industrie des jeux.
Alors que l’accord met un terme au contentieux, il soulève de nouvelles questions sur les pratiques d’embauche dans le secteur. Certains observateurs suggèrent que de tels incidents pourraient inciter à une révision des politiques internes et à un contrôle plus strict des informations partagées par les employés changeant d’entreprise. D’autres, cependant, estiment que ces disputes font partie intégrante d’une industrie hautement compétitive où l’innovation et la créativité doivent être protégées, mais aussi encouragées.
En définitive, cet accord montre que les entreprises doivent naviguer avec prudence dans le monde complexe des droits de propriété intellectuelle, où le prix à payer pour une simple erreur peut être considérable. La leçon à tirer est claire : dans un secteur où les enjeux sont élevés, le respect des règles et la vigilance sont essentiels pour maintenir une réputation solide et éviter des litiges coûteux.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.