En 2022, la légalisation des casinos pour les détenteurs de passeports étrangers au Kirghizistan a montré ses bénéfices économiques, selon le président Sadyr Japarov. Depuis l’ouverture des premiers casinos kirghizes, les visiteurs ont dépensé des « millions ».
Le président Japarov a affirmé que cette décision s’est révélée judicieuse sur le plan économique, selon le média russophone Gazeta. Il a souligné que, du point de vue de l’État, la mise en œuvre de cette loi n’avait rien de répréhensible. « Cette décision n’a pas été prise pour servir des intérêts personnels, et le temps nous a donné raison, » a-t-il déclaré.
Au moment de l’adoption de la loi, des inquiétudes avaient été soulevées concernant la possibilité pour les citoyens kirghizes de fréquenter les casinos, ce qui aurait pu conduire à la ruine de nombreuses vies. Néanmoins, Japarov a précisé qu’aucun cas de citoyen kirghize visitant un casino n’a été enregistré depuis l’ouverture des établissements.
Le président a souligné que les casinos kirghizes sont uniquement accessibles aux étrangers, ce qui génère des revenus pour le budget national via les recettes touristiques et les taxes. Cette industrie a également permis la création de nombreux emplois, a-t-il ajouté.
Lors de la rédaction de la loi de légalisation de 2022, le gouvernement comptait sur les touristes et les citoyens aisés des pays voisins. « Les étrangers riches laissent leur fortune au Kirghizistan et des emplois sont créés pour nos citoyens, » a expliqué Japarov. « Des milliers de nos concitoyens kirghizes, qui travaillaient auparavant dans des pays comme Chypre, reviennent travailler dans leur patrie. »
Les casinos avaient été interdits en 2012, suivis de la fermeture des bureaux de bookmakers et des boutiques de paris en 2015. À l’époque, les autorités avaient répondu à de nombreuses plaintes de proches de personnes ayant perdu leurs biens et leurs économies.
Cependant, la loi de 2022 a renversé l’interdiction de 2012, avec une condition essentielle : elle interdit aux citoyens kirghizes et aux étrangers de moins de 21 ans de fréquenter les casinos. « Les casinos génèrent des revenus pour le budget, tandis que nos citoyens ne subissent aucune perte, » a affirmé Japarov. « C’est le résultat clé. Nous avons atteint un équilibre. Les millions que nos citoyens aisés perdaient autrefois à l’étranger sont maintenant compensés par l’argent que les visiteurs étrangers perdent au Kirghizistan. »
Le président a conclu que cet argent revient dans le pays à travers le tourisme, et que c’était l’objectif principal lors de la rédaction de cette loi.
Malgré les affirmations du président, des opérateurs de casinos en ligne illégaux continuent de cibler les joueurs locaux. Plus tôt cette année, des promoteurs ont pris le contrôle de l’ancien site internet d’une entreprise commerciale d’État maintenant dissoute, autrefois gérée par le Cabinet des ministres du Kirghizistan. Ils ont utilisé le site pour rediriger les visiteurs vers la plateforme de paris Olymp Casino, proposant diverses options de paris sportifs et de machines à sous, permettant aux clients de payer en monnaie kirghize.
Ce contexte soulève des questions sur l’impact réel de la légalisation des casinos au Kirghizistan. D’un côté, la mesure semble avoir stimulé le secteur touristique et économique. De l’autre, elle n’a pas complètement éradiqué les activités de jeu illégales destinées aux citoyens locaux. Certains experts suggèrent que d’autres mesures doivent être prises pour réguler efficacement le marché du jeu et protéger les consommateurs vulnérables.
Enfin, comme toute politique économique, la légalisation des casinos soulève des discussions sur le long terme. Si les bénéfices immédiats sont évidents, il reste à savoir comment le pays gérera les défis potentiels liés à l’essor des jeux de hasard, notamment en termes de régulation et de prévention des addictions.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.