Augmentation des Revenus des Casinos en Corée du Sud Malgré les Inquiétudes sur le Jeu des Jeunes

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Le 12 mai 2026, le Premier ministre sud-coréen, Kim Min-seok, a exhorté la Commission nationale de contrôle des jeux de hasard (NGCC) à mettre en place un « filet de sécurité » pour combattre l’augmentation préoccupante du jeu chez les jeunes. Cette déclaration est intervenue lors de l’assermentation de nouveaux membres au sein de la NGCC, une institution qui relève directement du Premier ministre et combine des fonctions de supervision des opérateurs de jeux avec des mesures de lutte contre l’addiction.

Kim Min-seok a insisté sur la nécessité d’élaborer de nouvelles stratégies pour freiner l’addiction au jeu chez les jeunes. « Le problème du jeu chez les jeunes est devenu sérieux ces derniers temps, » a-t-il déclaré. « Je vous demande de consacrer tous vos efforts à la prévention et à la mise en place d’un filet de sécurité global. Nous devons assurer la croissance stable de nos jeunes, qui représentent l’avenir de notre société. »

La composition de la NGCC reflète une diversité de secteurs, avec des membres issus tant du secteur public que privé, y compris des ministres, administrateurs, avocats, et représentants du secteur touristique. Selon Kim, le rôle de cette commission est crucial pour empêcher la société de sombrer dans le « bourbier du jeu ».

Toutefois, le jeu représente une source de revenus significative pour le gouvernement sud-coréen, une réalité qui complexifie le dilemme pour les autorités. Paradoxalement, alors que Kim mettait en garde contre les dangers du jeu chez les jeunes, les casinos sud-coréens, dont certains sont détenus par l’État, enregistrent des bénéfices considérables. Sur l’île subtropicale de Jeju, par exemple, les revenus des casinos ont atteint 436 millions de dollars l’année dernière, marquant une augmentation de 41 % par rapport à 2024.

En effet, selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, les casinos de Jeju ont accueilli près de 100 000 visiteurs, soit une hausse de presque 38 %. Ce succès se traduit par un afflux massif de recettes fiscales pour le gouvernement, notamment grâce aux contributions obligatoires au Fonds de promotion du tourisme de Jeju, proportionnelles aux revenus des casinos. Pour l’exercice 2025, ces contributions ont atteint plus de 42 millions de dollars, soit une augmentation de 44 % par rapport à l’année précédente.

Par ailleurs, la hausse des recettes ne se limite pas à Jeju. Au premier trimestre de l’exercice 2026, les revenus de jeu au complexe intégré High1 ont atteint 360 milliards de wons (soit 244 millions de dollars), enregistrant une augmentation de 4,5 % par rapport à l’année précédente. High1 est géré par Kangwon Land, une entreprise sous contrôle gouvernemental, dont les actionnaires incluent le fonds de pension national sud-coréen.

Tout en exprimant ses préoccupations concernant le jeu des jeunes, Kim a également exhorté la NGCC à explorer des moyens de revitaliser les économies locales. Il a demandé à l’organisme de contribuer à l’amélioration des loisirs publics, à l’attraction de touristes étrangers, et à la création d’emplois, en s’appuyant sur un environnement sain pour l’industrie du jeu.

Cependant, ce panorama florissant des casinos n’est pas exempt de critiques. Certains analystes soutiennent que la dépendance aux revenus du jeu pourrait à terme saper les efforts de développement social et économique durable. Les opposants plaident pour une approche plus équilibrée qui ne marginalise pas les préoccupations éthiques et sociales au profit de bénéfices économiques à court terme.

Le débat autour du jeu reflète les défis plus larges auxquels fait face la Corée du Sud, un pays en quête d’équilibre entre croissance économique rapide et bien-être social. Tandis que le gouvernement se réjouit des recettes croissantes issues du tourisme lié au jeu, il doit également répondre aux conséquences sociales potentielles, notamment l’addiction au jeu parmi les jeunes générations.

En conclusion, la situation met en lumière un dilemme épineux : comment tirer parti des bénéfices économiques du jeu tout en protégeant les plus vulnérables des pièges de l’addiction. Pour l’instant, la Corée du Sud continue de marcher sur cette fine ligne, entre promotion du développement économique et protection du bien-être social.

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