La bataille réglementaire entre la CFTC et l’État de New York autour des marchés de prédiction

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Le 20 août 2026, Michael Selig, président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), a vigoureusement critiqué la procureure générale de New York, Letitia James, au milieu d’un conflit croissant concernant les marchés de prédiction. Cette confrontation s’est intensifiée lors d’une allocution à la Maison-Blanche, juste avant la première réunion du Comité consultatif sur l’innovation, avec le président Donald Trump présent.

Selig a affirmé que la CFTC, sous son autorité, a protégé les marchés de prédiction régulés au niveau fédéral contre des procureurs d’État qualifiés de « voyous », comme Letitia James, qui cherchent à ignorer la loi fédérale et à déplacer ces marchés vers des plateformes offshore non régulées. Ces propos ont été partagés dans un discours qu’il a publié sur X.

Le cœur du différend réside dans l’accusation de James selon laquelle Kalshi, une plateforme de marché de prédiction, a enfreint les règles de l’âge légal pour les paris sportifs de New York en permettant aux jeunes de 18 à 20 ans de participer à des transactions. En réponse, l’État a porté plainte contre Kalshi, réclamant une somme colossale de 36 milliards de dollars.

Pour la CFTC, il s’agit d’une bataille cruciale pour définir l’avenir des marchés financiers. « Les États-Unis doivent décider s’ils veulent écrire les règles qui définiront la prochaine génération de marchés financiers ou laisser d’autres pays le faire à leur place », affirme Selig, réitérant l’engagement de l’administration Trump à préserver le leadership américain dans ce domaine.

Le bras de fer entre la CFTC et les États est exacerbé par une méfiance croissante des fournisseurs financiers, dont certains, comme JPMorgan Chase, ont récemment cessé de fournir des services bancaires à des plateformes de crypto et de prédiction, citant des « préoccupations réglementaires ». Selig a déclaré que l’administration Trump avait réussi à surmonter les obstacles posés par ce qu’il a qualifié « d’armée anti-crypto ».

Les commentaires de Selig interviennent à un moment où la commission utilise des pouvoirs d’urgence pour bloquer une ordonnance restrictive temporaire de l’État de New York qui vise à interdire à Kalshi d’offrir des contrats événementiels à travers le pays. Selig a insisté sur le fait que c’est la responsabilité de la commission de maintenir l’ordre sur ces marchés financiers interétatiques.

Cependant, James reste déterminée à défendre la législation de New York. Elle soutient que les marchés de prédiction comme Kalshi sont essentiellement des plateformes de jeux d’argent et qu’en ignorant les lois locales, ils causent du tort aux New-Yorkais. « Nous allons les poursuivre en justice pour faire respecter nos lois », explique-t-elle.

Le débat sur les marchés de prédiction révèle une fracture plus large entre les approches fédérales et étatiques de la régulation des marchés financiers, avec une attention particulière sur l’innovation technologique. Le Comité consultatif sur l’innovation, qui comprend des personnalités influentes telles que Tarek Mansour, PDG de Kalshi, et Shayne Coplan, PDG de Polymarket, incarne cette tension croissante entre innovation et réglementation.

Certains observateurs estiment que l’intransigeance de l’État de New York pourrait freiner l’innovation technologique et pousser les entrepreneurs à chercher des opportunités à l’étranger. Selig a prévenu que l’époque de la « loi politique » et de la régulation par enforcement est révolue, et que le nouveau front pionnier de la finance est en train d’être construit aux États-Unis.

D’autres voix, cependant, soutiennent la position de James, affirmant que les marchés de prédiction nécessitent une surveillance stricte pour éviter les abus et protéger les consommateurs. Un avocat impliqué dans une action en justice préventive de Novig, une entreprise émergente sur le marché de la prédiction, explique que cette démarche vise à garantir que les États ne perturbent pas ses opérations dès le début.

Le débat continue de diviser, et il reste à voir comment cette confrontation influencera le paysage des marchés de prédiction à l’avenir. Dans l’attente de décisions judiciaires, les deux parties restent fermement campées sur leurs positions, chacune revendiquant la défense de l’intérêt public et de l’innovation.

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