Le Conseil de Contrôle des Jeux du Maine a officiellement demandé à la gouverneure Janet Mills de mettre son veto à une législation qui légaliserait les jeux de casino en ligne. Le 5 janvier 2026, le conseil a voté à l’unanimité en faveur de la recommandation à Mills de rejeter le projet de loi LD 1164, invoquant des préoccupations concernant l’autorité réglementaire, la perte d’emplois et l’addiction résultant de l’expansion proposée des jeux de type casino sur les appareils mobiles.
En juin 2025, la Chambre des représentants du Maine a adopté une législation pour légaliser l’iGaming, votant 85-59 pour accorder aux quatre tribus reconnues au niveau fédéral de l’État des droits exclusifs pour offrir des jeux de casino en ligne. Le 17 décembre, dans une lettre envoyée avant le début de la nouvelle session législative, le conseil soutient que la mesure retirerait les jeux de casino de sa supervision, plaçant l’autorité réglementaire entre les mains de l’Unité de Contrôle des Jeux. Le conseil a également averti que l’adoption du projet de loi pourrait nuire aux travailleurs et opérateurs de casinos qui seraient exclus des jeux de casino en ligne, augmentant par ailleurs le risque de jeu problématique parmi la population en rendant les jeux de casino disponibles 24 heures sur 24 sur les appareils mobiles.
Dans sa lettre, le conseil a souligné qu’il ne s’opposait pas à la participation des tribus à l’iGaming, écrivant qu’« il est souhaitable que tout opérateur qualifié puisse obtenir une licence d’iGaming, y compris les Nations Wabanaki ». Toutefois, il a averti que la structure du projet de loi limiterait les licences de casino en ligne à un groupe restreint d’opérateurs, excluant entièrement les deux casinos commerciaux du Maine. Les membres du conseil ont déclaré que l’approche actuelle, telle qu’elle est définie dans le projet de loi, créerait un monopole de facto et nuirait à la fois aux consommateurs et aux travailleurs des casinos.
La lettre adressée à Mills intervient alors qu’un nouveau sondage montre que le scepticisme public envers les casinos en ligne est largement répandu dans l’État.
Sondage : Opposition Significative aux Jeux de Casino en Ligne
Une enquête menée à l’échelle de l’État par Lake Research Partners a révélé que près des deux tiers des électeurs du Maine s’opposent à la légalisation des jeux de casino en ligne. L’Association Nationale Contre l’iGaming, un groupe opposé à l’expansion des jeux de casino en ligne, a commandé l’enquête. Le sondage a été réalisé du 13 au 16 décembre 2025 et présente une marge d’erreur de plus ou moins 4,4 points de pourcentage. Il a recueilli les réponses de 500 électeurs susceptibles de participer aux élections générales de 2026.
Selon les résultats, 64% des personnes interrogées sont contre la légalisation de l’iGaming, dont 49% qui se disent fortement opposées. Seuls 16% ont déclaré soutenir la légalisation, tandis que 20% étaient indécis. L’affiliation politique avait peu d’influence sur les opinions des électeurs, avec 69% de démocrates, 70% d’indépendants et 58% de républicains déclarant s’opposer aux jeux de casino en ligne.
Lorsqu’on a informé les répondants que les tribus du Maine contrôleraient l’iGaming de l’État, leurs opinions n’ont pas changé significativement, avec une majorité de 54% toujours opposée à la légalisation, contre seulement 21% exprimant leur soutien. Les sondeurs ont également présenté aux électeurs des arguments pour et contre la légalisation dans un débat simulé. Dans ces conditions, 57% ont déclaré s’opposer à la légalisation de l’iGaming, tandis que le soutien tombait à 17%. Lorsque les électeurs ont écouté des messages critiques sur les risques potentiels des jeux de hasard en ligne, leur opposition est montée à 67%, avec une majorité déclarant être fortement opposée à la légalisation.
Les législateurs de l’État prêteront probablement une attention particulière aux résultats, étant donné que 41% des répondants ont indiqué qu’ils seraient moins susceptibles de voter pour un législateur qui soutenait la légalisation de l’iGaming, contre seulement 7% qui ont déclaré qu’ils seraient plus enclins à le faire. De plus, après avoir entendu les arguments de part et d’autre de la question, la part des électeurs affirmant qu’ils seraient moins susceptibles de soutenir un législateur en faveur de la légalisation de l’iGaming a augmenté à 51%.
Malgré leur opposition à la légalisation des jeux de casino en ligne, une majorité des répondants (67%) ont exprimé une opinion favorable des Nations Wabanaki, tandis que seulement 4% ont rapporté une opinion défavorable.
La Gouverneure Doit Agir Cette Semaine
Après avoir échoué à agir sur le projet de loi sur les casinos en ligne l’été dernier, le temps presse pour Mills afin de décider du sort du projet de loi. Alors que la législature se réunit à nouveau le 7 janvier, elle dispose de trois jours, conformément à la loi du Maine, pour signer ou mettre son veto au projet de loi ; par conséquent, elle devra décider d’ici ce vendredi au plus tard.
Mills n’a pas pris de position publique sur le projet de loi, laissant les observateurs spéculer sur le côté qu’elle choisira finalement, même si beaucoup s’attendent à un veto. Sa décision cette semaine déterminera si le Maine deviendra le huitième État à légaliser les jeux de casino en ligne ou si la proposition échoue face aux avertissements réglementaires et à l’opposition publique persistante à l’iGaming.
Bien que le conseil ait exprimé des préoccupations légitimes sur l’impact possible de la légalisation de l’iGaming sur les travailleurs des casinos et le jeu problématique, d’autres estiment que donner aux tribes le contrôle exclusif de l’iGaming pourrait offrir un développement économique bienvenu à ces communautés. Cependant, il est crucial que cette expansion soit gérée de manière responsable pour garantir la sécurité des consommateurs et l’équité du marché.
La saga se poursuit alors que la gouverneure Mills doit naviguer dans un paysage politique et économique complexe, où des intérêts concurrents et des préoccupations sociales pèsent lourdement sur la balance. Comment procédera-t-elle, sachant que sa décision pourrait avoir des répercussions profondes sur le secteur des jeux du Maine et sur l’héritage politique qu’elle laissera derrière elle ?

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.