Le 5 décembre 2025, la tribu des Scotts Valley Band of Pomo Indians a déposé des motions pour rejeter trois poursuites fédérales contestant l’approbation de la mise en fiducie de terres pour un futur casino de 700 millions de dollars à Vallejo. Cette initiative accentue le conflit juridique complexe qui entoure l’avenir du projet.
Les motions ciblent les affaires intentées par la Yocha Dehe Wintun Nation, la Kletsel Dehe Wintun Nation (Cortina Rancheria) et la United Auburn Indian Community (Auburn Rancheria). Toutes trois soutiennent que le Département de l’Intérieur (DOI) a commis une erreur en approuvant le terrain de Vallejo pour les Scotts Valley plus tôt cette année.
La tribu des Scotts Valley a rétorqué que ces poursuites cherchent à saboter leur opportunité tant attendue d’autosuffisance économique. « Nous défendrons vigoureusement nos droits, notre avenir et notre souveraineté », ont-ils laissé entendre, soulignant qu’ils ne se laisseraient pas intimider par des concurrents mettant leurs profits au-dessus de l’équité.
Les tribus opposantes arguent que le site du casino est situé sur leur territoire ancestral et remettent en question l’évaluation historique effectuée par l’agence ainsi que l’admissibilité de la parcelle selon l’Indian Gaming Regulatory Act (IGRA).
Un point central de l’argumentation des Scotts Valley réside dans le statut en fiducie du terrain. La terre, en fiducie depuis janvier, conserve le statut souverain de la terre tribale à Vallejo, indépendamment du réexamen par le DOI de son admissibilité en tant que « terre restaurée » pour les jeux. Ce réexamen, lancé en mars, a suscité une contre-poursuite de la part des Scotts Valley pour bloquer le processus. Cependant, fin octobre, un juge fédéral a confirmé le droit du DOI de réévaluer l’éligibilité du terrain aux jeux, tout en statuant que la révocation de l’éligibilité par l’agence sans préavis violait les droits constitutionnels de la tribu.
La tribu met en avant que le développement à Vallejo représente une opportunité économique majeure pour la région. Le projet inclurait un casino ouvert 24/7, des résidences, des bureaux tribaux, une structure de stationnement, et une réserve biologique de 45 acres à proximité des autoroutes Interstate 80 et Highway 37. Le projet vise à favoriser la création d’emplois, la diversification économique et des partenariats à long terme avec la ville.
Cependant, les tribus opposantes persistent à dire que l’histoire et les revendications ancestrales de la parcelle devraient interdire toute activité de jeu. Elles affirment que l’approbation par le DOI était viciée et que l’acquisition en fiducie n’aurait pas dû être réalisée.
Les motions visent à résoudre les contestations avant qu’elles ne passent à un examen complet devant les tribunaux. Si elles sont acceptées, cela éliminerait les trois procès du chemin du projet. Si elles sont rejetées, les affaires se poursuivraient pour déterminer la légalité de la décision du DOI. Un renversement de la décision ne serait pas sans précédent: plus tôt cette année, un juge fédéral a bloqué le projet de casino Shiloh de la Koi Nation dans le comté de Sonoma, concluant que le DOI avait commis une erreur dans son analyse de la mise en fiducie des terres.
Pour le moment, le litige reste actif alors que le processus parallèle de réexamen du DOI se poursuit. La tribu reste convaincue que le statut en fiducie de la terre est sécurisé et que les poursuites manquent de fondement juridique.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.