Zuckerberg Accusé d’Intervention dans la Publicité Clandestine Chinoise sur Meta

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En décembre 2025, une enquête menée par Reuters a révélé que le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, serait intervenu personnellement pour permettre à des entreprises chinoises de continuer à diffuser sur ses plateformes des publicités frauduleuses, y compris pour des jeux d’argent illégaux. Cette révélation intervient après que Meta a formé une équipe anti-arnaque en Chine, visant à réduire la présence de publicités pour des produits interdits tels que les jeux d’argent illégaux.

Cette équipe avait enregistré des succès notables, parvenant à diminuer le pourcentage de revenus issus de publicités problématiques, passant de 19 % à 9 %. Cependant, selon les documents internes examinés par Reuters, une intervention de Zuckerberg aurait conduit à la dissolution de cette équipe anti-arnaque. Un document interne aurait noté : « Suite au changement de stratégie d’intégrité et au suivi de Zuck, l’équipe d’application des publicités chinoises a été ‘invitée à suspendre’ son travail. »

Bien que le niveau exact d’implication de Zuckerberg ne soit pas précisé, les mois suivants ont vu une remontée du revenu lié aux publicités interdites, atteignant à nouveau environ 16 % des revenus de Meta en provenance de Chine à mi-2025.

Andy Stone, porte-parole de Meta, a nié que Zuckerberg ait ordonné l’arrêt des efforts pour réduire ces publicités problématiques en Chine. Selon lui, l’ordre de Zuckerberg aux équipes travaillant sur les arnaques et autres dommages à haut risque était de redoubler d’efforts pour les réduire globalement, y compris en Chine.

Les accusations portées par Reuters s’inscrivent dans un contexte où Meta aurait généré jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires global, soit environ 16 milliards de dollars, à partir de publicités pour des arnaques, des jeux d’argent illégaux et des produits interdits. Un porte-parole de Meta a admis que cette estimation était large et qu’une vérification ultérieure avait révélé que de nombreuses entreprises étaient en réalité légitimes.

Dans un document interne, il a été mentionné que les efforts anti-arnaque ne devraient pas coûter à Meta plus de 0,15 % de son chiffre d’affaires total, soit environ 270 millions de dollars par an.

Rob Leathern, ancien directeur de la gestion des produits chez Facebook jusqu’en 2020, estime que l’ampleur de la publicité prédatrice sur les plateformes de Meta n’est « pas défendable ». Il a exprimé son incompréhension face à ce qu’il considère comme une situation inacceptable.

Malgré l’interdiction des plateformes de Meta en Chine, une étude commandée par Meta révèle que le gouvernement chinois ne s’immisce pas lorsqu’il s’agit de violations ciblant des audiences à l’étranger. Cette non-ingérence a permis à des arnaques de prospérer, comme en témoigne la saisie par le FBI de 214 millions de dollars générés par une arnaque boursière chinoise promue sur Facebook et Instagram.

Dans le cadre de ces publicités frauduleuses, une fausse publicité pour un casino Amazon a été identifiée, utilisant l’image de Jeff Bezos pour prétendre que les jeux étaient approuvés par l’homme d’affaires. Andy Stone a déclaré que Meta s’engage à éradiquer ces arnaques, bien que l’entreprise fasse face à un défi de taille. Il note que les escrocs utilisent des méthodes sophistiquées pour déjouer les systèmes de détection.

Par ailleurs, Reuters a également mis en lumière le rôle des agences publicitaires, qui non seulement permettent mais aident activement les arnaqueurs à accroître leur présence sur les plateformes de Meta. Jeff Horwitz, journaliste pour Reuters, a illustré ce problème en créant des publicités promettant un retour sur investissement annuel de 14 000 %, atteignant ainsi 20 000 utilisateurs dans le monde, y compris aux États-Unis, en Europe, en Inde et au Brésil.

Ces publicités ont été diffusées par des agences présentes dans l’annuaire officiel des partenaires de Meta. Horwitz a souligné que plusieurs agences basées en Asie aident les entreprises à contourner les règles. Une agence au Vietnam, Bluefocus, propose même un tutoriel intitulé « Comment faire de la publicité pour des produits illégaux sur Facebook ».

Après que Reuters a présenté des preuves montrant que Meta avait accordé le statut de « Partenaire Badgé » à des agences offrant explicitement de contourner ses règles publicitaires, Meta a supprimé son annuaire des partenaires et déclaré qu’elle réexaminerait certains de ces partenaires ainsi que le programme lui-même.

Cette controverse soulève des questions sur l’équilibre que Meta cherche à maintenir entre la lutte contre la fraude publicitaire et la préservation de ses revenus, particulièrement dans un marché aussi lucratif que celui de la Chine où les réglementations locales sur les plateformes étrangères sont notoirement laxistes. D’une part, l’entreprise est critiquée pour sa tolérance perçue envers des pratiques abusives ; d’autre part, elle se défend en soulignant les investissements réalisés pour lutter contre les arnaques à l’échelle mondiale. Le débat reste ouvert sur la véritable portée de l’engagement de Meta face aux enjeux éthiques et financiers liés à ses opérations publicitaires.

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