Alors que la province se prépare à lancer son marché réglementé, le régulateur des jeux de hasard de l’Alberta a déclaré qu’il n’autoriserait pas les paris sur les élections. Cette décision se distingue du marché réglementé de l’Ontario, où les paris sur les élections sont autorisés.
Le mardi, l’Alberta Gaming, Liquor & Cannabis (AGLC) a publié un bulletin annonçant qu’une modification de la politique interdira les paris sur les événements politiques. Cette annonce coïncide avec la mise en œuvre de la loi iGaming Alberta Act adoptée l’année dernière, permettant à l’Alberta de devenir la deuxième province à lancer un marché du jeu réglementé, après l’Ontario qui a ouvert le sien en 2022.
En approuvant cette législation, le ministre Dale Nally a affirmé qu’elle visait à protéger davantage les parieurs. Il a souligné qu’un « nombre significatif d’Albertains sont potentiellement la cible de sites de marché gris. » Nally a précisé que l’objectif n’est pas de créer de nouveaux joueurs, mais de rendre le jeu en ligne existant plus sûr.
Nally a également déclaré que la province suivait en grande partie le modèle établi en Ontario, affirmant : « Ce sera très similaire à l’Ontario, car nous suivons leur modèle. À mes yeux, ils ont tracé la feuille de route. Nous l’ajusterons un peu, mais il a été inspiré par l’expérience en Ontario. Ce sera un marché ouvert et libre. »
Cependant, contrairement à l’Alberta, l’Ontario autorise les marchés électoraux. Par exemple, FanDuel a proposé des cotes sur les élections fédérales de l’année dernière.
Bien que les parieurs ne puissent pas miser sur les élections via les bookmakers agréés en Alberta, ils pourraient encore accéder aux marchés sur des plateformes de marchés de prédiction. L’an dernier, Polymarket a vu plus de 120 millions de dollars échangés sur la prochaine élection du Premier ministre du Canada.
Polymarket propose également des marchés sur les élections générales du Québec, prévues pour plus tard cette année, ainsi que sur plusieurs autres marchés politiques liés au Canada. D’autres régions interdisant les paris sur les élections ont tenté de bloquer l’accès à Polymarket. Le mois dernier, les Pays-Bas ont exigé que la société cesse ses opérations après avoir permis aux résidents de parier sur leurs élections. Cette semaine, l’Argentine est devenue le dernier pays à interdire la plateforme, arguant qu’elle opère comme un service de paris en ligne non autorisé. Les enquêteurs ont suspecté que des initiés du gouvernement échangeaient sur les marchés liés au taux d’inflation du pays.
Il reste incertain si l’Alberta prendra des mesures similaires pour empêcher les résidents d’accéder à la plateforme. Le marché de prédiction rival Kalshi n’autorise pas les Canadiens à accéder à son site.
En parallèle, plusieurs opérateurs ont exprimé leur optimisme avant le lancement du marché réglementé des jeux de l’Alberta. Le PDG de Rush Street Interactive, Richard Schwartz, a déclaré que les Albertains ont les dépenses par habitant les plus élevées en matière de jeux au Canada. La province possède la population adulte la plus jeune du pays et le PIB par habitant le plus élevé. Les estimations suggèrent que le marché du jeu en Alberta pourrait dépasser les 700 millions de dollars annuellement.
Nally, bien qu’il pousse pour un marché réglementé, a mis en garde contre l’initiation des jeunes au jeu. Il a déclaré : « Pour les Albertains qui choisissent de ne pas jouer, la meilleure option est de ne pas commencer. » Il a réitéré que le but est de réguler, non de développer le marché du jeu, en ajoutant : « Avec l’iGaming non réglementé largement disponible dans notre province, il est de notre responsabilité d’intervenir, de réguler le marché et de tenir les fournisseurs privés aux normes les plus élevées pour protéger les Albertains, en particulier notre jeunesse. »
Cette interdiction des paris sur les élections, bien que controversée, reflète un engagement à préserver l’intégrité des processus politiques tout en protégeant les consommateurs dans un secteur en pleine expansion. La perspective d’un marché robuste et diversifié promet des avantages économiques, mais pose également des défis en termes de régulation et de protection des joueurs.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.