Les avocats qui ont vaincu Meta et Google ciblent maintenant FanDuel et DraftKings avec une nouvelle poursuite

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Les avocats qui avaient remporté une décision historique contre Meta et Google se tournent désormais vers les bookmakers sportifs, avec un nouveau procès intenté contre FanDuel et DraftKings dans le Massachusetts. Jennifer Hoekstra, associée du cabinet d’avocats Aylstock, Witkin, Kreis & Overholtz, qui a travaillé sur l’affaire des réseaux sociaux en Californie, mène actuellement une action en justice pour dommages corporels contre ces entreprises.

Hoekstra allègue que FanDuel et DraftKings ciblent spécifiquement les parieurs vulnérables, notamment tard dans la nuit ou après une grosse perte. Selon elle, les algorithmes de ces plateformes s’adaptent et se personnalisent à chaque utilisateur, rendant ainsi l’expérience plus addictive. Un utilisateur typique, en se connectant, se voit proposer un contenu taillé sur mesure, ce qui renforce son envie de parier.

Le plaignant, Daniel Arroyo, résident du Massachusetts, a misé trois millions de dollars sur FanDuel entre 2023 et 2025, subissant une perte nette de 160 000 $. Chez DraftKings, il a misé près de 150 000 $, perdant environ 20 000 $. Selon la plainte déposée, son activité de jeu a dégénéré en une addiction incontrôlable aux plateformes de paris sportifs des défendeurs.

Alors que son addiction au jeu s’intensifiait, Arroyo a quitté son emploi et suit maintenant une thérapie pour dépendance au jeu. Dans un autre procès intenté cette semaine contre les deux entreprises, les plaignants ont perdu plus de 2 millions de dollars. Dans cette nouvelle action en justice, Hoekstra se concentre sur les dommages physiques plutôt que sur les blessures économiques.

Dans l’affaire des réseaux sociaux, l’argument principal qui a permis d’obtenir des dommages pour la victime était que le produit avait été intentionnellement conçu pour être addictif. Hoekstra applique une logique similaire contre les sociétés de paris, affirmant qu’une réelle atteinte physique est causée par l’addiction et que le produit défectueux a été intentionnellement conçu pour causer ce préjudice.

Le procès accuse DraftKings et FanDuel de faire des affaires avec les joueurs à problèmes. Une étude du Connecticut est citée, révélant que 51 % des revenus des paris sportifs de l’État proviennent de 2 % des joueurs identifiés comme ayant des problèmes de jeu. Une précédente poursuite contre DraftKings avait montré que 42 % de ses revenus provenaient d’environ 3,8 % de sa base d’utilisateurs.

Cependant, la question demeure : l’argument de l’addiction intentionnelle fonctionnera-t-il à nouveau ? Dans le cas contre Meta, le plaignant a reçu 6 millions de dollars de dommages. Les jurés avaient conclu que Meta et Google avaient intentionnellement conçu des plateformes de médias sociaux addictives nuisant à la santé mentale de l’utilisateur.

Toutefois, dans des affaires antérieures, les tribunaux ont jugé que les sociétés de jeux n’ont pas de devoir de diligence envers les joueurs compulsifs. Récemment, un juge de Pennsylvanie a rejeté une autre plainte contre DraftKings, déclarant que l’entreprise n’a pas à protéger les plaignants de dépenser trop d’argent ou de développer une addiction au jeu. Le juge a aussi précisé que les hôtes VIP n’avaient pas contrôlé les paris ni pris de décisions de mise pour les joueurs.

La relation fiduciaire, qui implique une responsabilité légale ou éthique où une partie agit au nom d’une autre, était au cœur de l’argumentation. Selon le tribunal, comme les individus parient de leur propre volonté, les hôtes VIP et les entreprises de paris ne sont pas légalement responsables.

DraftKings a déjà dû payer une amende de 450 000 $ dans le Massachusetts pour avoir permis l’utilisation de cartes de crédit, en violation des lois de l’État. Les nouvelles poursuites rencontrent un défi plus important : prouver que l’entreprise et FanDuel sont responsables d’empêcher les pertes des joueurs. Tandis que les débats se poursuivent, il est évident que l’industrie des paris est sous un examen de plus en plus minutieux, avec des implications potentiellement importantes pour son fonctionnement futur.

D’un côté, certains experts estiment que la réglementation accrue pourrait freiner les pratiques prédatrices et protéger les consommateurs. De l’autre, les entreprises de paris soulignent que les joueurs ont la responsabilité de leurs propres actions, et que l’industrie ne peut pas être tenue responsable des décisions personnelles prises par les individus. Alors que ces questions brûlantes continuent de faire surface, il est clair que le secteur doit trouver un équilibre entre innovation, responsabilité et protection des consommateurs.

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