Le 9 juillet 2026, la Chambre des Lords au Royaume-Uni a examiné l’essor de la manipulation des matchs, alimenté par l’augmentation des opportunités de paris et l’implication croissante de groupes criminels organisés. Face à cette menace, le Royaume-Uni envisage sérieusement de ratifier la Convention de Macolin, un instrument juridique international destiné à lutter contre la manipulation des compétitions sportives. Déjà signé par 43 pays européens, dont le Royaume-Uni, ainsi que par l’Australie, le Maroc et le Brésil, ce traité est en discussion pour son incorporation dans le droit national.
Moses Swaibu, PDG et fondateur de GameChanger360, a témoigné devant le comité des accords internationaux de la Chambre des Lords, soulignant que la corruption dans le sport s’aggrave. Ancien joueur de football en Angleterre, Swaibu a été condamné pour trucage de matchs et s’est depuis engagé à défendre l’intégrité sportive. Il a partagé ses expériences avec les autorités, notamment la Fédération anglaise de football et la FIFA, pour mieux comprendre ce phénomène.
« Les marchés de prédiction et la possibilité de parier sur absolument tout en un clic ont exacerbé la corruption », a affirmé Swaibu. En dépit de rapports comme celui de Sportradar, qui suggèrent une diminution des suspicions de manipulation, le comité a noté une augmentation de 92 % des cas suspects en Afrique. « Les criminels exploitent cette vulnérabilité pour infiltrer les marchés rapidement », a-t-il ajouté.
Le problème est amplifié par l’infiltration de la criminalité organisée dans le sport. Madolina Diaconu, professeure associée à l’Université de Neuchâtel et avocate spécialisée, a confirmé une augmentation distincte de la manipulation des compétitions depuis 20 à 25 ans, soulignant l’implication croissante des syndicats criminels internationaux. « Il ne s’agit plus seulement de petites manipulations, mais de l’infiltration de syndicats criminels internationaux, » a-t-elle expliqué.
Swaibu a témoigné avoir été approché par trois syndicats criminels au cours de sa carrière, et ces organisations restent actives, notamment en Asie. En Chine, plusieurs équipes de la Super League ont commencé la saison avec des points négatifs en raison de sanctions pour corruption.
Diaconu a souligné que la manipulation des matchs est une opportunité en or pour ces groupes, leur permettant d’accéder facilement au marché et de blanchir les profits illicites d’autres crimes. Participer à la Convention de Macolin est crucial, selon elle, pour que les pays partagent des données en temps réel et empêchent la corruption sportive.
« Ce problème ne peut être efficacement résolu que par la coopération internationale », a-t-elle déclaré. « Les criminels ne restent pas dans un seul pays ; ils voyagent et profitent de notre monde ouvert. »
Swaibu a insisté sur la nécessité pour le Royaume-Uni de donner l’exemple en ratifiant le traité, pour établir un précédent préventif plutôt que réactif. « Le Royaume-Uni, berceau du football, doit montrer la voie pour protéger les générations futures, » a-t-il affirmé. Il a également souligné l’importance de l’éducation et de la sensibilisation à l’intégrité sportive dès l’école.
Diaconu a appuyé ces propos, soulignant que le focus pragmatique de la convention est essentiel pour démanteler les syndicats de manipulation des matchs. Elle a suggéré d’élargir le traité à plus de pays non européens. Les entreprises de jeux participent également en partageant des données cruciales des marchés mondiaux, facilitant la lutte contre la manipulation des matchs.
Malgré la difficulté de convaincre les opérateurs illégaux de se joindre à l’effort, le secteur réglementé participe activement à cet échange d’informations. Ce partage est vital pour détecter des paris inhabituels, comme ceux observés récemment avec le joueur brésilien Lucas Paqueta, accusé d’avoir délibérément provoqué des cartons jaunes. Bien qu’acquitté, son cas illustre l’enjeu de la collaboration internationale.
La Chambre des Lords continuera d’examiner ces conclusions avant de décider de ratifier ou non la convention. L’enjeu est de taille pour protéger l’intégrité du sport mondialement, plaident les experts réunis.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.