En juillet 2026, le législateur de New York a introduit deux projets de loi visant à transformer les campus universitaires en zones interdites aux paris mobiles. Si ces propositions deviennent loi, toute personne se trouvant sur un campus universitaire de l’État serait empêchée de placer un pari sportif mobile grâce à une technologie de géorepérage.
La technologie pour réaliser cela existe déjà. Cependant, la mise en œuvre pose des défis importants, notamment la gestion de frontières complexes et changeantes à l’intérieur des États où les paris sportifs mobiles sont déjà légaux. Assemblywoman Rebecca Kassay, qui a introduit le projet de loi A10526 en mars 2026, continue de discuter avec les parties prenantes pour comprendre comment prévenir le jeu problématique, en particulier chez les jeunes adultes.
GeoComply, une entreprise fournissant des technologies de conformité de géolocalisation à l’industrie du jeu, confirme que le géorepérage au niveau des propriétés est possible. Elizabeth Cronan, vice-présidente des relations gouvernementales de l’entreprise, souligne que la discussion politique réelle devrait se concentrer sur la complexité et le coût supplémentaires, et si cela fait avancer de manière significative l’objectif de politique publique.
Les propositions exigeraient que les opérateurs de paris utilisent des technologies de géolocalisation pour détecter et bloquer les paris placés depuis les campus, tandis que les universités seraient tenues de fournir les données géographiques nécessaires à la commission des jeux de l’État de New York. Si la législation était adoptée, les opérateurs auraient jusqu’au 1er août 2027 pour se conformer.
Même si les discussions se concentrent largement sur le fonctionnement des restrictions, Kassay insiste sur le fait que son projet de loi va au-delà des ajustements techniques. Elle espère qu’en empêchant les paris mobiles sur les campus, cela facilitera une culture plus saine et encouragera la reconnaissance des risques liés au jeu problématique.
Cependant, déterminer et maintenir à jour les limites géographiques des campus universitaires pose des questions fascinantes et complexes. Comme l’a souligné Douglas Mishkin, avocat chez Bryan Cave Leighton Paisner, il est particulièrement difficile dans les environnements urbains où les campus côtoient des bâtiments publics et privés.
GeoComply a démontré que la précision du géorepérage peut être atteinte, mais l’entretien de ces zones restreintes est crucial. À mesure que la zone restreinte devient plus petite, l’importance de placer correctement la ligne de géorepérage augmente. Une ligne trop large pourrait bloquer quelqu’un en dehors de la zone prévue, tandis qu’une ligne trop étroite pourrait ne pas couvrir toute la propriété ciblée.
Les projets de loi new-yorkais exigent que les universités fournissent des données géographiques précises, mais ne précisent pas qui vérifierait ces informations ou comment les modifications des propriétés des campus seraient gérées. La responsabilité de maintenir ces données pourrait poser des problèmes pratiques importants.
La proposition new-yorkaise n’est pas unique; d’autres États comme la Pennsylvanie et le Tennessee ont envisagé des zones sans paris, mais avec des critères différents. Cela pourrait rendre la conformité plus complexe, car chaque État pourrait adopter des définitions différentes des propriétés restreintes et des normes de cartographie, augmentant ainsi les coûts de mise en œuvre et imposant plus d’obligations de maintenance continue.
Malgré les nouvelles règles, il reste que les géoclôtures s’appliquent uniquement aux opérateurs légalement enregistrés. Elizabeth Cronan de GeoComply avertit que la complexité accrue pourrait inciter certains utilisateurs à se tourner vers des opérateurs non réglementés, qui défieraient activement ces nouvelles régulations.
Dans ce contexte, Joe Maloney, président de l’Alliance des Paris Sportifs, souligne que les opérateurs de paris légaux utilisent des technologies de vérification d’âge de pointe, contrairement aux opérateurs offshore non réglementés, qui facilitent souvent les paris des mineurs.
En conclusion, bien qu’un géorepérage précis puisse limiter efficacement les paris sur les campus universitaires, son impact est limité aux marchés réglementés. Le défi demeure de trouver un équilibre entre la mise en place de restrictions efficaces et la gestion des aspects pratiques et opérationnels d’une telle entreprise.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.