Le 8 juillet 2026, la Douma d’État, la chambre basse du parlement russe, a adopté un projet de loi imposant des amendes aux casinos qui permettent aux joueurs ayant choisi l’auto-exclusion de placer des paris. Ce projet de loi a été rapporté par la Gazette parlementaire russe.
Ce texte législatif est l’œuvre du Comité de politique économique de la Douma, qui a récemment mis en place un système accéléré pour bloquer les sites de casinos en ligne illégaux en Russie. Maxim Topilin, président du comité, avait affirmé en mai que l’objectif était de lutter contre le secteur du jeu clandestin, de renforcer la confiance dans les plateformes de jeu réglementées par l’État et d’améliorer la sécurité dans l’espace numérique.
Outre les amendes infligées aux établissements de jeu, le projet de loi prévoit également des restrictions publicitaires. Les casinos, centres de machines à sous et bookmakers en ligne qui envoient des courriers promotionnels aux personnes inscrites sur le registre d’auto-exclusion risquent des sanctions financières. Les individus coupables de cette infraction pourraient être condamnés à une amende comprise entre 400 et 660 dollars, tandis que les entreprises pourraient se voir infliger des amendes dix fois supérieures.
Après avoir passé la deuxième et la troisième lecture à la Douma, le projet de loi attend désormais l’approbation du Conseil de la Fédération ou du bureau du président Vladimir Poutine pour devenir une loi en vigueur à partir du 1er septembre 2026.
Ce texte de loi introduit une notion de responsabilité légale pour les opérateurs de casinos et de paris sportifs, les rendant coupables d’infraction administrative s’ils acceptent des paris de personnes inscrites sur le registre de l’auto-exclusion. De plus, les législateurs veulent imposer des pénalités aux opérateurs qui ne fournissent pas d’informations sur les individus bloqués à l’autorité unifiée de régulation des jeux en Russie.
Cette initiative législative intervient dans un contexte où les taux d’addiction au jeu augmentent en Russie. Selon les législateurs, jusqu’à 12 % des adultes russes montreraient des signes de dépendance au pari. De nombreux joueurs dépendants consacrent environ 21 % de leurs revenus mensuels aux paris dans les magasins de bookmakers, les salons de machines à sous, les casinos terrestres et les plateformes de paris en ligne illégaux.
Cependant, les défenseurs de l’anti-jeu soulignent que seulement 5 % à 10 % des joueurs compulsifs russes cherchent une aide professionnelle. En réponse, Moscou prépare de nouvelles directives de traitement de l’addiction au jeu qui seront mises en œuvre dans les cliniques psychologiques et psychiatriques plus tard cette année.
En avril, Artem Metelev, responsable du Comité de la Douma sur la politique de la jeunesse, avait exhorté le gouvernement à permettre aux membres de la famille d’ajouter leurs proches au registre sans leur consentement. « Ce serait une bonne chose que les proches, comme les enfants, les épouses et les maris, puissent imposer des restrictions », avait-il déclaré, soulignant que les gens ne réalisent pas toujours qu’ils sont dépendants.
Ce point de vue suscite néanmoins un débat. Certains experts avertissent que permettre aux familles d’intervenir sans consentement pourrait mener à des abus et nuire aux relations familiales. « Les gens ont besoin d’un espace pour s’auto-évaluer et rechercher de l’aide de leur propre chef, » rétorquent les sceptiques, qui prônent plutôt l’éducation et la sensibilisation pour encourager la prise de conscience individuelle.
En conclusion, les nouvelles mesures envisagées par la Douma visent à renforcer la réglementation des jeux d’argent en Russie dans un effort pour endiguer la montée des addictions. Les avis divergent sur la meilleure approche à adopter, mais l’objectif commun demeure la protection des individus vulnérables face aux dangers du jeu compulsif.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.