Le 9 juillet 2026, les grandes banques américaines, dont Goldman Sachs, Morgan Stanley, JPMorgan Chase, et Bank of America, ont informé leurs employés qu’ils risquaient le licenciement s’ils participaient à des transactions sur les marchés de prédiction liés à la finance et à la politique. Cette décision, rapportée par des sources anonymes, intervient alors que des allégations de délit d’initié sur des plateformes comme Kalshi et Polymarket font surface.
Cette restriction, cependant, ne s’applique pas aux contrats de marché de prédiction liés aux sports et au divertissement, a précisé un informateur à Bloomberg. Cette distinction illustre la complexité de la régulation des marchés de prédiction, un secteur en pleine évolution où la frontière entre le jeu et l’investissement devient floue.
La House Oversight and Government Reform Committee a lancé une enquête en mai dernier pour examiner les politiques de délit d’initié de ces opérateurs. Dans ce contexte, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) est en train de mettre en place des règles pour clarifier les types d’événements qui peuvent être sous-jacents aux contrats d’événements, promettant une certitude réglementaire imminente.
Goldman Sachs a récemment communiqué à ses employés via une note interne que de telles transactions pourraient engendrer des conflits d’intérêts réels ou perçus. La banque a averti que les récidivistes pourraient faire face à des mesures disciplinaires, y compris le licenciement, et être contraints de renoncer aux gains réalisés grâce à ces transactions interdites.
Bank of America a confirmé avoir mis à jour son code de conduite des employés avec des explications plus explicites et des exemples des activités interdites. Morgan Stanley, quant à elle, a également révisé son code de conduite pour inclure de nouvelles règles concernant le commerce lié aux marchés de prédiction, bien qu’aucun détail supplémentaire n’ait été fourni.
Un représentant anonyme de JPMorgan Chase a indiqué que la banque interdit à ses employés de réaliser des paris basés sur des informations non publiques ou confidentielles, y compris sur les plateformes de marché de prédiction. De même, Bank of America a conseillé à ses employés de ne pas échanger de contrats liés aux événements spécifiques à l’entreprise ou macroéconomiques.
Malgré cette réticence apparente des banques, Wall Street semble s’ouvrir au secteur des marchés de prédiction. Cboe a déjà lancé des contrats d’issue binaire sur sa propre plateforme de marché de prédiction, et Charles Schwab devrait lancer des produits similaires dans les semaines à venir. Les experts de l’industrie affirment que le secteur financier traditionnel est déjà en train de pivoter vers les marchés de prédiction, bien que certains acteurs attendent une clarté réglementaire alors que la CFTC continue de se heurter aux lois des États américains. La Commission affirme qu’elle détient l’autorité exclusive sur les plateformes de marché de prédiction, tandis que les États considèrent que des plateformes comme Kalshi violent leurs lois sur les jeux d’argent.
Cette situation met en lumière une tension entre innovation et régulation dans le domaine financier. D’un côté, les marchés de prédiction offrent des opportunités uniques d’analyse et de spéculation sur des événements futurs, de l’autre, ils posent des défis complexes pour les régulateurs cherchant à protéger les intérêts du public tout en favorisant l’innovation financière. Une clarification réglementaire pourrait non seulement apaiser les tensions actuelles mais aussi ouvrir la voie à une adoption plus large de ces outils par le secteur financier établi.
Cependant, la prudence reste de mise. Les critiques soulignent que ces plateformes, si elles ne sont pas correctement régulées, pourraient exacerber les risques de délits d’initié et de manipulation de marché. Alors que Wall Street pèse les coûts et bénéfices de l’engagement avec les marchés de prédiction, la question centrale demeure : comment équilibrer innovation et sécurité dans un monde où l’information est à la fois la ressource la plus précieuse et la plus vulnérable.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.