Le 15 juin 2026, Saltanat Amanova, députée au parlement du Kirghizistan, a exhorté le gouvernement à créer un registre des casinos en ligne pour éviter que les citoyens ne s’endettent massivement. Lors d’une réunion du comité parlementaire traitant des affaires culturelles, sportives, et de jeunesse, Amanova a insisté sur la nécessité de faire enregistrer les opérateurs de jeux auprès du ministère des Affaires intérieures. Elle a également proposé de modifier la législation sur les jeux d’argent pour interdire la publicité en ligne aux plateformes non enregistrées.
Elle a partagé son inquiétude face aux nombreuses lettres reçues de personnes perdant argent et biens au jeu, et a demandé au ministère des Affaires intérieures d’intervenir efficacement. « Comment cela peut-il être empêché ? Quelles mesures prend le ministère pour lutter contre ce phénomène ? », s’est-elle interrogée.
Le ministère des Affaires intérieures, par la voix de son adjoint Erkebek Ashirkhodjaev, a répondu que chaque plainte déposée par un citoyen déclenche une enquête. « Si un casino en ligne opère illégalement, nous tenons son opérateur responsable. Nous avons procédé à des arrestations et des poursuites ont été engagées, » a-t-il assuré.
Cette préoccupation récente fait écho à celle de Tabyldy Muratbekov, un autre député, qui a demandé fin avril au cabinet des ministres de contrôler ou d’interdire les casinos en ligne comme MelBet et Mostbet, devenus omniprésents au Kirghizistan. « Les gens contractent des prêts pour leurs habitudes de jeu, » a-t-il déploré. « Endettement, ruptures familiales, suicides… le gouvernement doit se pencher sur cette question. »
En mai, un résident de Shymkent au Kazakhstan a été arrêté, soupçonné d’administrer un casino en ligne et une plateforme de blanchiment d’argent visant les joueurs du Kirghizistan, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan. Les enquêteurs ont révélé que les opérateurs utilisaient des comptes bancaires de « mules » transfrontalières pour gérer les dépôts et retraits des casinos, rémunérés jusqu’à 410 dollars pour ce service, et auraient blanchi plus de 1,1 million de dollars.
Malgré ces préoccupations, le gouvernement kirghize se montre réticent à exercer une pression sur les opérateurs de casinos en ligne, ayant adopté un modèle de légalisation limitée, similaire à celui de nombreuses nations d’Asie centrale. Ce modèle légalise les casinos terrestres uniquement pour les détenteurs de passeports étrangers. Le président Sadyr Japarov a défendu cette décision, affirmant qu’elle a boosté les recettes fiscales et le revenu touristique sans que des citoyens kirghizes ne fréquentent ces établissements.
Cependant, des preuves indiquent que des plateformes illégales continuent de cibler les joueurs kirghizes. En février, un site appartenant précédemment au cabinet des ministres a été détourné par des promoteurs et redirige désormais vers la plateforme Olymp Casino, offrant des paris sportifs et des machines à sous, payables en monnaie kirghize.
Ce débat persistant met en lumière un dilemme pour le Kirghizistan : comment réguler efficacement une industrie du jeu en ligne florissante tout en profitant des avantages économiques des casinos terrestres légalisés ? Une approche équilibrée pourrait impliquer une surveillance plus stricte des activités en ligne tout en maintenant les portes ouvertes aux investissements étrangers dans le secteur des jeux terrestres. Pour certains, le registre proposé par Amanova est une première étape nécessaire vers une régulation plus rigoureuse. D’autres soutiennent que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour protéger les citoyens vulnérables des dangers du jeu en ligne omniprésent.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.