Cette semaine, le gouvernement arménien a révoqué le permis d’exploitation du plus grand casino du pays, Shangri La, à la suite d’une inspection en mars 2026 qui a révélé des irrégularités financières. Le ministère de l’Économie affirme que les déclarations financières fournies par l’opérateur Onira Club ne correspondaient pas aux relevés réels des compteurs des machines à sous du casino.
Le ministre de l’Économie, Gevorg Papoyan, a déclaré que les données financières d’Onira Club étaient pleines de distorsions et d’informations falsifiées, une déclaration qu’il a publiée sur sa page Facebook. Selon lui, l’opérateur a deux mois pour faire appel de cette décision. En attendant, le casino doit cesser ses opérations immédiatement pour protéger les intérêts publics, notamment ceux des consommateurs.
Le casino Shangri La, situé près de la capitale arménienne, Erevan, avait obtenu sa licence pour la première fois le 1er janvier 2014. Le gouvernement avait déjà révoqué son permis en 2020, invoquant un non-paiement des frais d’exploitation, avant de revenir sur cette décision.
Onira Club est dirigé par Gagik Tsarukyan, un homme d’affaires influent et chef du Parti Arménie Prospère. Tsarukyan, un magnat du ciment, est actuellement en conflit ouvert avec le gouvernement. Avant la récente victoire électorale du Premier ministre Nikol Pashinyan, ce dernier avait ciblé Tsarukyan, annonçant son intention de nationaliser Ararat Cement, la plus grande entreprise de Tsarukyan.
Le gouvernement de Pashinyan, pro-européen, a intensifié les audits fiscaux et autres enquêtes dans le cadre d’une purge visant à asseoir son autorité. Il a affirmé disposer de preuves contre plusieurs anciens législateurs accusés d’espionnage pour le compte du gouvernement russe. Tsarukyan, quant à lui, risque une peine de prison pour des accusations d’achat de votes, bien qu’un tribunal l’ait récemment acquitté de charges similaires datant des élections générales de 2017.
Avec la fin des élections, Tsarukyan ne bénéficie plus de l’immunité en tant que candidat, ce qui signifie qu’il pourrait être arrêté à tout moment, selon le média Yerkramas. Cette situation s’inscrit dans un contexte de renforcement du contrôle gouvernemental sur les secteurs des casinos terrestres et en ligne.
L’année dernière, les législateurs ont introduit une nouvelle taxe de 10 % sur le chiffre d’affaires de tous les casinos, opérateurs de loterie et sociétés de paris sportifs. Début juin, une nouvelle mesure a été adoptée, obligeant les opérateurs en ligne à intégrer un mécanisme de coupure dans leurs interfaces utilisateur. Si un utilisateur active ce bouton virtuel, il sera automatiquement bloqué de toutes les plateformes de paris en ligne, qu’elles soient nationales ou étrangères, pour une durée de cinq ans. Les entreprises étrangères qui ne se conforment pas à cette exigence risquent d’être bloquées.
De plus, la nouvelle loi interdit définitivement à certains groupes de jouer en ligne, notamment les bénéficiaires de prestations sociales et les résidents impliqués dans des affaires de faillite. Cette mesure reflète les efforts continus du gouvernement pour réguler strictement le secteur des jeux d’argent, une industrie à la fois lucrative et controversée.
Cependant, certains critiques estiment que ces mesures pourraient avoir des conséquences négatives sur l’économie du pays. « Réduire les opérations des casinos pourrait entraîner une baisse des revenus fiscaux et nuire à l’emploi, » affirment-ils, soulignant que le secteur des jeux d’argent constitue une source importante de revenus pour l’Arménie. Ils ajoutent que la réglementation stricte pourrait pousser les joueurs vers des plateformes illégales, échappant ainsi au contrôle des autorités.
Dans l’ensemble, l’avenir de Shangri La et de l’industrie des jeux en Arménie reste incertain, alors que le pays navigue entre réformes économiques et tensions politiques. Le débat se poursuit sur le meilleur moyen de réguler l’industrie tout en stimulant la croissance économique et en maintenant la stabilité politique.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.