En 2025, les recettes des jeux tribaux ont atteint un niveau record avec une augmentation de 5,3% par rapport à l’année précédente, atteignant plus de 46 milliards de dollars, selon les chiffres récents de la National Indian Gaming Commission (NIGC). Cette augmentation de 2,3 milliards de dollars par rapport aux recettes de 2024 souligne une nouvelle année prospère pour les opérateurs tribaux. Sharon Avery, commissaire associée de la NIGC, a qualifié les accords de « réussis » et a salué 2025 comme « une autre année solide ».
Les tribus à travers les États-Unis envisagent une expansion continue dans les mois à venir, avec l’ouverture de plusieurs casinos tribaux cette année et d’autres projets de lancement d’opérations en ligne. Ces développements témoignent de la croissance soutenue du secteur, qui continue de se renforcer même face aux défis du marché.
Tous les membres de la NIGC sont répartis en huit régions géographiques, dont presque toutes ont enregistré une augmentation du nombre d’opérations et du revenu brut des jeux. La région de Washington D.C. a connu la plus forte augmentation annuelle, avec une hausse de près de 10% pour atteindre plus de 11,2 milliards de dollars.
Dans le secteur des jeux commerciaux, l’American Gaming Association rapporte également une croissance, avec des recettes de jeux en mai 2026 en hausse de 4,6%. Cette croissance a été alimentée par une augmentation annuelle de 15% des recettes iGaming, avec des chiffres de GGR de 4,7 milliards de dollars pour les casinos traditionnels. Ces chiffres surviennent quelques mois après que l’AGA a annoncé que ses membres avaient atteint un record de GGR pour 2025, avec une augmentation de plus de 9% pour atteindre près de 79 milliards de dollars.
Cependant, tout n’est pas rose pour les opérateurs de jeux. En mai 2026, les paris sportifs ont connu une baisse de près de 2% par rapport à l’année précédente, totalisant 1,34 milliard de dollars, tandis que le volume des paris a diminué de 0,4% pour atteindre juste au-dessus de 12 milliards de dollars. L’Illinois a également rapporté une baisse de plus de 10% des mises sportives, tombant à 1,1 milliard de dollars.
L’AGA a attribué cette baisse à la concurrence accrue des marchés de prédiction, qui ont atteint un volume total de plus de 20 milliards de dollars en mai, et ont atteint des sommets de 50 milliards de dollars après le début de la Coupe du Monde. Le rapport de l’AGA souligne que les recettes des paris sportifs légaux et les taxes sur les jeux d’État ont « diminué face à l’extension de la concurrence des marchés de prédiction non réglementés ».
Les auteurs du rapport ont souligné que les marchés de prédiction opèrent en dehors des garde-fous réglementaires des États, ce qui a un impact négatif sur les recettes fiscales des paris sportifs, avec une baisse de 2,4%. Selon eux, les plateformes de marchés de prédiction offrent des paris sportifs illégaux, privant les programmes de pensions pour seniors et les programmes de jeu responsable de financements essentiels.
L’AGA, les tribus et les régulateurs d’État sont engagés dans une bataille juridique contre des acteurs du marché de prédiction comme Kalshi, Polymarket, et Robinhood. Toutefois, ces plateformes bénéficient du soutien de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), qui considère qu’elles offrent des produits financiers plutôt que des services de paris sportifs. Michael Selig, président de la CFTC, a récemment déclaré que les plateformes qu’ils régulent ne proposent pas de produits de jeu, qui sont exclusivement réservés aux casinos.
Cette situation met en évidence la tension croissante entre les segments traditionnels du marché des jeux d’argent et les plateformes émergentes de marchés de prédiction. Les deux camps ont des points de vue divergents sur la définition et la régulation des services qu’ils offrent, et chacun s’efforce de protéger ses intérêts économiques dans un paysage en constante évolution.
Pour certains, la montée en puissance des marchés de prédiction représente une évolution naturelle et inévitable de l’industrie du jeu, tandis que d’autres, comme l’AGA et les opérateurs tribaux, voient cela comme une menace pour leur modèle économique traditionnel. Les débats se poursuivent alors que chaque partie cherche à s’adapter et à prospérer dans un environnement concurrentiel intensifié.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.