Le 13 juillet 2026, le gouverneur de la province de Jeolla du Nord, Lee Won-taek, a présenté un projet ambitieux visant à construire un complexe intégré comprenant un casino. Élu en juin, Lee a sollicité l’autorisation du gouvernement central pour permettre l’accès au casino aux détenteurs de passeports sud-coréens.
Actuellement, seul le High1 Resort, propriété de l’État et situé dans la province de Gangwon, autorise l’entrée aux citoyens sud-coréens. Ce projet divise les leaders communautaires et les chefs d’entreprises locaux. Alors que certains soutiennent l’initiative du gouverneur, d’autres expriment de vives inquiétudes quant aux conséquences sociales de l’ouverture d’un casino.
Le Jeonbuk Federation of Small Business Owners, par la voix de son cadre supérieur Jeon An-gyun, a déclaré que des fonds substantiels pourraient être alloués au développement régional grâce aux revenus générés par un tel établissement. Actuellement, environ 30 % des recettes de High1, soit approximativement 300 milliards de wons (207 millions de dollars), sont utilisés à cette fin.
Le contexte économique de la province de Jeolla du Nord est préoccupant. Alors que d’autres régions de la Corée du Sud connaissent une croissance économique florissante, Jeolla du Nord souffre d’un déclin marqué de ses secteurs agricoles et industriels. La population diminue d’environ 10 000 personnes par an, et l’autonomie fiscale de la province est estimée à la moitié de la moyenne nationale.
En revanche, les casinos sud-coréens, principalement situés dans des zones touristiques clés comme Séoul et l’île de Jeju, enregistrent une fréquentation en hausse. Cependant, ces établissements n’admettent généralement que les détenteurs de passeports étrangers, ce qui limite la participation des résidents locaux.
Les partisans du projet de Lee soulignent qu’en adoptant un modèle rigoureux, inspiré de Singapour, les effets négatifs potentiels de l’ouverture d’un casino pourraient être minimisés. À Singapour, une taxe journalière d’environ 115 dollars est imposée aux citoyens locaux qui souhaitent entrer dans un casino, avec une interdiction stricte pour les moins de 21 ans et les personnes impliquées dans des affaires de faillite.
En revanche, les détracteurs du projet, dont plusieurs militants anti-jeu, s’inquiètent des risques accrus de dépendance au jeu et des difficultés financières potentielles pour les résidents. « Pour les gens ordinaires, il est extrêmement difficile de se relever si le jeu ruine leur vie », affirment-ils, soulignant que les plus aisés pourraient voir le jeu simplement comme un divertissement, mais que ce n’est pas le cas pour la majorité.
D’autres critiques proviennent du milieu académique, avec des voix comme celle de Choi Young-gi, professeur à l’Université de Jeonju, qui regrettent que la province de Jeolla du Nord cherche à attirer des projets de casinos alors que des régions voisines engagent des discussions avec des fabricants de semi-conducteurs, un secteur jugé plus porteur.
Même si une législation spéciale était adoptée pour permettre un tel développement à Jeolla du Nord, des obstacles réglementaires pourraient surgir. Des interrogations pourraient émerger quant à l’exclusivité accordée à certaines provinces comme Gangwon et Jeolla du Nord, et pourquoi d’autres provinces ne bénéficieraient pas des mêmes exceptions.
Malgré les incertitudes, les analystes financiers restent optimistes sur le long terme pour le secteur des casinos, avec une augmentation continue du nombre de touristes et des mises de jeu. Cependant, ils ont récemment révisé à la baisse leurs estimations des revenus des casinos en réponse aux plans du gouvernement d’augmenter les contributions des opérateurs au fonds touristique.
Ainsi, la perspective d’un complexe de casino à Jeolla du Nord nourrit un débat passionné entre développement économique et précautions sociales, illustrant un dilemme récurrent dans les politiques de développement régional en Corée du Sud.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.