La CFTC poursuit le Kentucky dans une bataille juridique pour contrôler les marchés de prédiction

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Le régulateur des marchés américains, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), a engagé des poursuites judiciaires contre un neuvième État, visant à empêcher le Kentucky de réguler les marchés de prédiction.

Ce développement intervient quelques jours après que l’Attorney General du Kentucky, Russell Coleman, ait poursuivi Kalshi et Polymarket, les accusant de « fonctionnement de paris sportifs illégaux et de violation des lois [de l’État] ». Coleman soutient que ces deux plateformes ont utilisé des publicités trompeuses pour faire croire qu’elles avaient l’autorisation de proposer des services de paris sportifs dans l’État du Bluegrass.

Cependant, la CFTC affirme que le Kentucky tente de fermer des marchés contractuels enregistrés par la CFTC en utilisant les lois de l’État. Le régulateur a souvent répété que les marchés de prédiction ne sont pas des paris sportifs mais facilitent plutôt des « swaps ».

Les batailles légales prêtes à arriver à leur apogée

« Le Kentucky est le dernier État à tenter de fermer des contrats d’événements réglementés au niveau fédéral », a déclaré le président de la CFTC, Michael Selig. « Les marchés de prédiction fournissent aux habitants du Kentucky des informations précieuses sur la probabilité d’événements futurs et offrent des produits de gestion des risques sur lesquels comptent les entreprises et les individus du Kentucky », a-t-il ajouté.

Les batailles judiciaires pourraient bientôt atteindre leur apogée alors que l’affaire de l’Ohio contre Kalshi se dirige vers la Cour Suprême. Des dizaines d’États, de tribus et d’anciens régulateurs ont envoyé des lettres à la cour pour soutenir l’Ohio.

La confrontation CFTC-Kentucky : un neuvième procès pour le régulateur fédéral

Le procès de la CFTC soulève également des objections à l’annonce par les autorités du Kentucky d’un nouveau système de frais de transaction pour les plateformes de marchés de prédiction. En avril, l’Assemblée générale du Kentucky a voté en faveur d’une loi imposant une taxe de 14,25 % sur les frais de transaction des plateformes de marché de prédiction. La CFTC a affirmé le 23 juin que ces frais font partie d’une tentative visant à « encourager ces plateformes à cesser leurs activités dans l’État ».

La loi devrait entrer en vigueur en janvier prochain. Mais Kalshi et son partenaire d’échange cryptographique Crypto.com ont lancé une action en justice pour l’annuler. La CFTC a déclaré avoir également engagé des poursuites contre les gouvernements des États du Minnesota, de l’Illinois et du Rhode Island.

De plus, le régulateur a soumis des mémoires d’amicus curiae aux Cours d’appel fédérales pour le sixième et le neuvième circuits, en plus de la Cour suprême judiciaire du Massachusetts. Cette année, les législateurs du Kentucky ont affirmé que Kalshi et Polymarket opéraient comme des opérateurs de paris sportifs, car les marchés de prédiction permettent aux participants de parier sur des événements futurs contre d’autres utilisateurs de la plateforme. Ils ont également voté en faveur d’une deuxième loi, également en avril, qui interdit aux plateformes de paris sportifs existantes de lancer des services de marché de prédiction dans le Kentucky.

Le dernier procès de la CFTC fait suite au dépôt de cas similaires contre New York, le Wisconsin, l’Arizona, le Connecticut et (plus récemment) le Nouveau-Mexique.

Contexte économique et analyse

Dans un contexte où les réglementations sur les jeux d’argent évoluent rapidement, les marchés de prédiction se retrouvent souvent à la croisée des chemins entre le marché financier et les jeux de hasard. Les régulateurs d’État, comme le Kentucky, voient souvent ces plateformes comme une extension des paris sportifs, ce qui entraîne des différends avec les organismes fédéraux tels que la CFTC, qui considère ces marchés comme des outils financiers légitimes.

En effet, les marchés de prédiction permettent aux utilisateurs de parier sur les résultats de divers événements, allant des élections politiques aux événements sportifs, et sont perçus par la CFTC comme des moyens d’accéder à des données précieuses tout en gérant les risques associés. L’un des arguments principaux avancés par les partisans de ces marchés est leur rôle dans la fourniture d’informations axées sur le marché qui peuvent influencer les décisions économiques et stratégiques.

D’un autre côté, les États, en imposant des taxes et des lois restrictives, cherchent à protéger leurs marchés de jeux traditionnels et à s’assurer que les revenus générés par ces nouveaux types de paris soient également taxés à l’échelle locale. Cette tension entre les régulations fédérales et étatiques reflète une lutte plus large pour le contrôle et la définition de ce que représentent réellement ces marchés.

Second point de vue

Certains experts soutiennent cependant que l’intervention fédérale dans les affaires des États pourrait facilement créer un précédent qui pourrait déstabiliser les régulations locales et les économies qui en dépendent. Une approche plus collaborative entre les États et les régulateurs fédéraux pourrait potentiellement conduire à de meilleures solutions qui respecteraient les besoins locaux tout en intégrant les marchés de prédiction dans un cadre réglementaire cohérent.

Ainsi, le débat sur la régulation des marchés de prédiction est loin d’être tranché, chaque partie cherchant à défendre ses compétences et ses intérêts dans un domaine en pleine expansion et évolution.

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