Le 4 juin 2026, PlayCity, le régulateur ukrainien des jeux, a annulé les licences de deux des plus grands opérateurs de paris du pays, Favorit Casino et Favbet VIP Casino, en invoquant leurs connexions présumées avec la Russie. Selon PlayCity, des enquêtes ont révélé que ces entreprises avaient des liens « directs ou indirects » avec la Russie à travers leurs « propriétaires ultimes ».
Dans un message sur Telegram, PlayCity a affirmé que ses investigations avaient mis au jour des connexions entre les entreprises et « l’État agresseur », à savoir la Russie. Par conséquent, les marques Favbet Casino, Favbet Poker et Billionaire ont perdu le droit d’opérer sur le marché ukrainien. Le régulateur a souligné que le marché des jeux devait fonctionner de manière transparente, légale et sans liens avec l’État agresseur.
Le régulateur n’a pas fourni d’autres détails concernant les liens des entreprises avec la Russie. Cependant, il est important de noter que FavBet opère en Ukraine depuis la fin des années 1990 et s’est étendu à d’autres pays comme la Roumanie, la Croatie et la Biélorussie. L’entreprise avait suspendu ses opérations en Biélorussie après le déclenchement de la guerre en 2022.
PlayCity, qui a été lancé l’année dernière, un mois après que le gouvernement ait confié au Ministère du Développement Numérique, des Communications et des Médias de Masse la tâche de formuler et de coordonner la politique d’État en matière de jeux, a introduit un nouveau système de licences en octobre 2025. Ce système a permis de collecter 175,2 millions de UAH (environ 4 millions de dollars) en frais de permis auprès des opérateurs.
En parallèle, le régulateur a annoncé avoir fermé plus de 4 100 sites de jeux d’argent et leurs miroirs depuis son lancement, et ordonné la suspension de plus de 700 comptes de réseaux sociaux, forums et communautés en ligne. Ces détenteurs de comptes, selon le régulateur, diffusaient des publicités de jeux d’argent interdites et tentaient de contourner les mesures de surveillance gouvernementales. De plus, PlayCity a infligé des amendes d’environ 80 millions de UAH (plus de 1,8 million de dollars) aux opérateurs de casinos et à leurs affiliés pour violation des lois sur la publicité des jeux d’argent.
En ce qui concerne les retombées fiscales, PlayCity a affirmé que ses pratiques commerciales transparentes avaient permis de collecter 14 milliards de UAH (316 millions de dollars) en recettes fiscales à ce jour. Pour la première fois depuis plus de 12 ans, l’État délivre désormais des licences aux opérateurs de loteries et a introduit des exigences de rapport obligatoires. Le régulateur a également délivré 250 licences d’exploitation depuis l’année dernière, consolidant ainsi le cadre réglementaire du secteur.
Cependant, cette position rigoureuse n’est pas sans controverse. En avril, le régulateur avait décidé de révoquer le permis de l’opérateur du casino en ligne Cosmolot, Spaceiks. Un tribunal de Kyiv a depuis annulé cette décision, accordant à Spaceiks un permis temporaire en attendant le règlement de leur différend. Cela indique un système judiciaire qui peut parfois intervenir pour rééquilibrer les décisions administratives, soulignant le besoin d’un dialogue constant entre les parties prenantes pour garantir des pratiques justes et transparentes dans l’industrie.
Bien que certains puissent considérer ces actions comme nécessaires pour maintenir l’intégrité du marché, d’autres soulignent les risques de sur-régulation qui pourrait nuire à l’innovation et à l’attractivité du marché ukrainien des jeux. Dans un secteur où la concurrence est mondiale, les opérateurs doivent naviguer dans un cadre de plus en plus complexe et exigeant, tout en garantissant leur conformité avec les normes locales.
En conclusion, alors que l’Ukraine cherche à établir un environnement de jeu transparent et sans influence extérieure négative, le chemin pourrait être semé d’embûches. Les décisions prises par le régulateur sont à la fois un signal fort à ceux qui cherchent à contourner les règles et une opportunité pour les acteurs respectueux de la législation de se démarquer sur le marché. Néanmoins, la balance entre régulation et innovation reste délicate, et les mesures futures devront soigneusement peser cet équilibre pour assurer la durabilité et la compétitivité du marché.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.