Le 4 juin 2026, Polymarket, une société basée à New York, a intensifié sa querelle avec Kalshi en compilant un dossier où elle accuse cette dernière d’avoir plagié ses idées. Parallèlement, Polymarket a emboîté le pas à Kalshi en intentant un procès contre l’État du Minnesota.
Les deux entreprises se trouvent dans la ligne de mire des régulateurs d’État qui les accusent de gérer des opérations de jeu illégales sous couvert de plateformes de marché prédictif. Malgré leurs similitudes, les relations entre Polymarket et Kalshi sont loin d’être amicales. Polymarket accuse même Kalshi d’espionner ses bureaux à New York.
Matthew Modabber, responsable marketing de Polymarket, a confié au New York Post que les coïncidences étaient trop nombreuses pour être ignorées. Selon lui, les intentions de Kalshi sont claires : « Ils nous copient avec mauvaise intention. Ils nous mettent la pression. »
Les soupçons d’espionnage ont pris de l’ampleur car les bureaux de Polymarket font face à un édifice loué par Paradigm, un fonds d’investissement ayant placé des capitaux chez Kalshi. Selon les employés de Polymarket, Kalshi pourrait utiliser cet espace pour les espionner. « Nous en avons discuté entre nous et conclu qu’avec Kalshi, c’était possible, » a déclaré un employé.
Cependant, Kalshi ainsi que Paradigm ont rejeté ces allégations. « C’est ridicule, » a affirmé un porte-parole de Paradigm, tandis que Jack Such de Kalshi a qualifié ces accusations de « tristes et presque délirantes, » ajoutant que pendant que Polymarket perdait du temps à enquêter, eux continuaient à avancer.
Le dossier de Polymarket ne s’arrête pas là. Il inclut l’exemple d’une campagne gratuite de courses lancée par Kalshi le 2 février, juste avant que Polymarket ne dévoile son propre projet de magasin éphémère. « Ils semblaient savoir que nous allions faire cette annonce ce jour-là, » a révélé une source interne de Polymarket, qualifiant le timing de « très suspect. »
Les annonces similaires ne sont pas nouvelles entre ces deux entreprises. Le 10 juin dernier, Webull annonçait le lancement des marchés horaires de cryptomonnaies de Kalshi, le même jour où Polymarket sortait son propre produit similaire. Selon Kalshi, Polymarket aurait lancé cette offre après eux, soulignant que la date de lancement par Webull n’était qu’une coïncidence.
Les tensions sont également palpables dans le domaine publicitaire. Les deux entreprises ont diffusé des campagnes visant les utilisateurs dans les États où les paris sportifs ne sont pas légalisés. Polymarket accuse Kalshi de l’avoir copiée en Californie. Mais Jack Such de Kalshi a balayé ces accusations d’un revers de main, qualifiant la phrase « Hey California » d’usage commun.
Cette compétition s’étend à la sphère judiciaire. Polymarket a suivi Kalshi en intentant une action en justice contre le Minnesota, après que l’État a adopté une interdiction sur les marchés prédictifs. Le procès de Polymarket argue que cette interdiction menace de poursuites pénales imminentes, ce qui les obligerait à cesser leurs activités protégées par la Constitution ou à risquer des accusations criminelles.
Le Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a également poursuivi le Minnesota, affirmant sa juridiction exclusive sur ces marchés. Bien que Kalshi et Polymarket soient tous deux sous licence de la CFTC, aucune des deux entreprises ne semble prête à coopérer l’une avec l’autre pour faire face à ces défis communs.

Luc Lemaire est un blogueur passionné qui adore écrire sur les casinos et l’industrie du jeu. Joueur à temps partiel depuis plusieurs années, il est fasciné par la psychologie du jeu.